ORM: Pascal Belpaire (Vers l’Avenir)





Suite des vidéos prises ce mardi lors de la journée d’étude de l’ORM sur le traitement médiatique de la crise politique.

Pascal Belpaire est rédac chef aux Editions de l’Avenir. Dans le podcast qui suit, il nous parle de la remontée d’infos depuis le site actu24 vers le support papier (“‘établir des passerelles”), du web vers la page “forum” du journal et des réactions plus “construites” des internautes. Il exprime également la difficulté pour sa rédaction de gérer les commentaires anonymes “Quel est le sens de reprendre les propos de Fricadelle, Tinneke ou Belgium1Point ?

Il revient également sur une opération “buzzifiante” en réponse à une Une du Nieuwsblad et sur la facilité à générer des réactions sur le web. La corrolaire de ce buzz facile est une pauvreté globale de la teneur des commentaires. Ceci expliquant sans doute cela …

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Copiepresse vs Google: So what ?





La justice belge a donc confirmé le jugement intervenu l’an passé condamnant Google à retirer toutes références à des articles dont Copiepresse, représentant les éditeurs francophones et germanophones, détient les droits. Le jugement rendu ce mardi n’apporte sur le fond aucune réponse, si ce n’est qu’au regard de la loi sur les droits d’auteurs et droits voisins, Google est en infraction et sera contraint de verser une indemnisation, à condition que la justice civile en décide ainsi.

Dans le premier jugement, l’astreinte avait été fixée à 1 millions d’euros par jour de retard, soit à l’heure actuelle plus de 130 millions, compte tenu du fait que Copiepresse a fait acter la présence continue d’articles non seulement dans Google news mais aussi  dans le cache du moteur de recherche. Une somme rondelette (?!) qui n’a toutefois pas trouvé confirmation dans le jugement de ce mardi vu que la juge Aurélie Magerman l’a désormais plafonnée à 25.000 euros/jour, soit près de 3 millions d’euros. In fine, il s’agit-là de la seule véritable info à retenir de cette journée, le fait que Google ait d’ores et déjà décidé d’aller en appel de ce jugement coulant pour sa part de source.

Que pensez de tout cela ?

Depuis le début de l’affaire, que j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près à l’époque des deux premiers jugements, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la finalité de cette action en justice à ses conséquences. Inutile de vous dire que je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais j’ai pu discuter à plusieurs reprises avec quelques acteurs de cette saga (excepté chez Google, même en étant dûment accrédité). A l’occasion d’un PodCafé spécial, nous avions eu aussi l’occasion d’échanger allègrement nos points de vue avec Alain Guillaume, alors président de la SAJ, partie à la cause.

Tout d’abord, je ne peux que constater que ce procès n’aura servi qu’à une seule chose dans l’esprit de Copiepresse et de ses défenseurs: amener Google à négocier. C’est parce que le moteur niait superbement les courriers envoyés à son intention que Copiepresse a engagé son action. “Ils ont bien trouvé un deal avec Associated Press, pourquoi pas avec nous ?”, était en substance ce qu’on me donnait comme justification. Non sans raison, il est vrai, mais à la différence, de taille, qu’AP est la plus grosse agence de presse au monde, et qu’elle est américaine. Tout ce barouf, donc, pour entendre in fine ce mardi Philippe Nothomb, le vice président de Copiepresse, réitérer son appel à la négociation. Négociation à laquelle Google a pourtant déjà participé, en coulisses, et jusque très tard la veille du 24 novembre dernier, date à laquelle le dossier a été plaidé devant la justice, Google ayant obtenu d’être rejugé suite à son absence lors du premier jugement en août.

Négociations il y a donc eu, et accords aussi puisque la Sofam et la Scam, deux autres sociétés de droits d’auteur parties à la cause se sont désistées au dernier moment, un chèque sous le bras. Aucune somme précise n’a été avancée, pas plus que le contenu des dits accords, mais au regard des 3 millions évoqués aujourd’hui, ces deux deals semblent avoir été “corrects”, compte tenu également qu’une sorte de “mise à l’épreuve” y aurait été incluse. (A nouveau, ne prenez pas ces infos pour du pain béni, les sources en la matière sont rarissimes)

Bref, Google a bien mis de l’argent sur la table pour faire cesser l’action contre elle. Pourquoi n’y a-t-il pas eu accord avec toutes les parties ? Manifestement parce que Google à toujours refusé mordicus d’insérer les termes “droits d’auteur” dans les conventions. S’arc-boutant sur la législation, les avocats ont donc plaidé, avec le résultat que l’on connaît: “Google ne fait pas exception à la loi en vigueur, telle que la juge l’a interpretée”, pourrait-on résumer. En ce qui concerne l’utilisation du cache, je pense en effet que Google  se plante vu qu’un éditeur doit pouvoir avoir le droit de vendre ses articles au prix qu’il le souhaite (fut-ce 1 euro/pièce) sans se faire “doubler” par une copie gratuite sauvegardée sur un serveur qui ne lui appartient pas. Je suis par contre beaucoup moins enclin à considérer le “simple” référencement comme du vol, mais bon … comme dirait Jean-Luc , Ca se discute.

Ok. So what now ?

Cette décision peut-elle faire jurisprudence, tenant compte du fait que la loi est sensiblement la même ailleurs en Europe ? Sans doute. Encore faut-il que d’autres éditeurs emboitent le pas (on annonce des actions en Autriche et en Italie) A mon sens, seule une action massive, concertée et réellement solidaire aurait une chance d’obliger Google a revoir drastiquement sa politique. Or, Google aura toujours le choix de “retourner” l’un ou l’autre acteur en se mettant à table sélectivement, comme ce fut le cas avec la Scam et la Sofam. Même en cas de solidarité jusqu’au boutiste, Google pourrait abandonner son cache sans que cela ne lui fasse ni chaud ni froid. La problématique de la rémunération des droits passés et à venir n’avancerait pas pour autant d’un iota

Concrètement, en quoi les éditeurs francophones/germanophones et la SAJ pourraient sortir gagnants de ce bras de fer ? Très sincèrement, et je ne pense pas être le seul dans ce cas,  j’ai vraiment du mal à cerner les avantages que cette procédure amènera aux journaux.

Le premier effet de cette action en justice aura été la désindexation des sites des journaux dans Google. C’est sans doute aussi celui qui risque d’être le plus dommageable à long terme, n’en déplaise à M. Nothomb qui lors d’une conférence de presse ce mardi a déclaré que ceux-ci n’avaient jusqu’ici pas souffert de ce retrait. Le graphique ci-dessous (thanx denis) ne semble pas franchement du même avis si on compare avec un service non linéaire, pur player 2.0, axé sur l’utilisateur, comme Scoopeo. (ca reste du Alexa, c’est pas la bible hein !)

Il ressort surtout Copiepresse et la SAJ pourront danser sur leurs têtes, crier au coup bas et supplier Google pour inclure une réindexation  de leurs titres dans une éventuelle négociation … aucune loi ne pourra obliger Google à le faire, et pire, le moteur n’aurait à présent qu’à verser 3 millions d’euros d’aumône pour clôre le dossier. (Google a réalisé 3 milliards $ de bénéf l’an passé …)

Il ferait alors une croix sur le référencement du contenu des journaux belges francophones et sur son ambition “d’organiser l’info mondiale”. Une sorte de village gaulois, en quelque sorte … je vois déjà Sergei et Larry écrirent dans leurs mémoires “de tous les peuples, les belges étaient les plus brââves :-)

De leur coté, nos journaux pourraient quant à eux faire une croix tout aussi définitive sur le formidable potentiel que représente le web en terme de diversification de leurs sources de revenus et seraient condamnés à courir derrière une audience qui jamais au grand jamais n’achetera demain plus de papier qu’hier. Sans compter sur l’interactivité, la diversification des formats (podcasts, etc.), les conversations, les apports “citoyens”, etc… basta, terminé gozette tintin rastacouette ! Comment en effet pourraient-ils encore exister sur la toile alors qu’ils sont tout simplement absents du principal outil que leurs cibles utilisent pour trouver les infos qui LES intéressent ?

Qui, à l’heure actuelle, se dit encore “Je me demande ce que La DH/La Libre/LeSoir racontent aujourd’hui à propos de tel ou tel sujet” ? hu ?
Si je m’intéresse vraiment à une actu, je cherche à recevoir le plus de sources possibles afin de me forger mon opinion, j’agrège les flux RSS des rubriques, des blogs, des forums qui parlent précisément de ce sujet, ici et ailleurs de ce monde devenu plat. Je ne perds plus mon temps à passer tout un site à la loupe pour voir si un nouvel article à été publié. Même si je suis un fan de la plume de tel ou de tel journaliste, rien ne m’oblige plus à me farcir la prose de ses collègues. Croire qu’obliger les internautes à passer systématiquement par la page d’accueil d’un journal en ligne sans les faire fuir irrémédiablement est une abbération, à fortiori quand cette page est une pub full screen…

Certes il faut pouvoir payer les journalistes suffisamment pour assurer leur indépendance face aux marchés/aux politiques, évidemment ! Certes il faut que la hiérarchie “qui ne produit pas mais assume les risques” le soit aussi ! Le “tout gratuit” n’est évidemment pas une solution à long terme pour assurer du travail de qualité et la multiplication des outils de micropaiements offrent d’ailleurs de belles opportunités, encore faut-il les essayer. Et surtout, il est grand temps de réaliser que si les “clients” de l’info ne sont pas remis au centre des stratégies, alors la raison même d’un organe de presse disparaît. On peut vitupérer contre le monopole de Google, son rôle est incontournable et il faut “faire avec”. Quand on pense qu’ils y a dix ans, et pour des raisons quasi similaires, le fameux “Central Station” capotait, avec dans le role de Google les éditeurs eux-mêmes face aux journalistes … l’histoire à une drôle de manière de repasser les plats.

Je continue donc à croire que cette action en justice est un combat d’arrière garde, désespérément accrochée à un mode de transmission/d’enrichissement de
l’info ainsi qu’à une législation obsolètes, à défaut d’être complètement révolus. Et je maintiens aussi que Copiepresse a dû faire ce procès parce que
justement, nos canards n’en sont qu’à leurs balbutiements sur le web.
S’ils avaient initié plus tôt leur
convergence print/online et osé la carte de la créativité journalistique multimedia, jamais les éditeurs n’auraient eu besoin de ce procès pour se donner de l’air.

Mais ça ne reste que mon avis :-)

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Justine: La Meuse grille tout le monde grâce au web





Le journal liégeois La Meuse a fait très fort hier en annonçant en exclusivité que la raison pour laquelle Justine Henin renonçait à participer à l’Open d’Australie était “de sources sûres” la rupture de son couple. Si l’info en tant que telle n’a rien d’exceptionnel (d’accord elle est n°1 mondial et icône vivante du sport belge, mais qui n’a jamais eu de peines de coeur ?), c’est surtout la démarche du journal qui est à plus d’un titre “extraordinaire”.

Souvenez-vous, je soulignais fin août la pratique désormais officiellement ancrée dans la stratégie de plusieurs journaux américains, dont celle du Denver Post: “Quand on est les premiers sur l’info, elle est poussée en priorité absolue sur le web”. Plus question donc d’attendre la parution de la version print le lendemain matin, un scoop prend toute sa valeur quand le buzz autour de celui-ci drive du trafic vers le site du journal, qui devient alors LA référence sur le web pour cette info (et les pubs qui figurent sur cette page, cashmachine switched on).

C’est exactement ce que La Meuse a fait hier. L’info du désistement de Justine a d’abord été donnée pendant la nuit de mercredi à jeudi sur le site officiel de l’Open d’Australie. Dans la foulée, Justine communiquait elle-même jeudi matin sur son site et déclarait que “des raisons personnelles et familiales” l’y contraignaient. La Meuse, dont les antennes dans le clan Henin semblent bien aiguisées, prend le taureau par les cornes et balance l’info sur son site et sur le blog de la rédaction des sports.

Résultat: Bingo.

Toute la presse belge prend le relai pendant la journée de jeudi, non sans très logiquement sourcer La Meuse et son site (lequel a dû peter des scores niveau stats) Les télés embrayent sur le 13H (RTL ouvrant même son JT avec plusieurs copies d’écrans, re-Bingo) et y reviennent bien sûr dans celui du soir. Pour La Meuse, le bénéfice d’avoir balancer cette info d’abord sur le web est inestimable, son image de marque prend un coup de polish format 15 tonnes (presque à en faire oublier qu’il n’y a que quelques mois que leur site est digne de ce com). Pour le public, l’ouverture des commentaires sur le billet est synonyme d’invitation à l’interaction (et surtout de défouloir, à voir la nature de certains d’entre-eux) et pour les autres médias un sacré avertissement: désormais, le web peut tous vous griller :-)

Chose assez cocasse, ce vendredi en tapant Justine Henin dans Google, on pouvait voir apparaître l’adsense ci-dessus, acheté par un journal concurrent (Vers l’Avenir) mais pointant vers la page d’accueil du quotidien et non vers un article à propos. Une très bonne idée pour contrer le buzz mais un coup dans l’eau au final car l’internaute ne va pas se casser la tête à fouiller après ledit article, un forum ou un blog qui en parle.

Bref, quoi qu’il en soit, cet épisode pourrait bien de marquer un tournant en Belgique. Il ouvre en effet la porte à la mise en place de vraies stratégies où le web n’est non plus considéré comme accessoire (“en espérant que les internautes reviennent acheter la version papier”) mais bien comme un canal à part entière, qui a ses spécificités et qui peut rapporter de l’argent (sans doute pas des masses à court terme, mais écoutez le chant de la Longue Traine et vous comprendrez).

En combinant rapidité de réaction, interactivité avec les internautes et prise de recul dans l’édition papier du lendemain, c’est une carte dont il serait stupide de se priver. Reste à voir quand même si cette “audace” vaudra aussi pour des infos moins “peoplisante”.

Reste qu’il y a des jours comme ça où l’on se rend compte qu’être désindexé de Google peut vraiment être préjudiciable. Nulle trace en effet, et pour cause, de l’article de La Meuse dans Google News. Des titres étrangers qui n’ont fait qu’un copy-paste des dépêches d’agence y figurent pourtant en bonne place …

UPDATE: merci à Nicolas pour le graphique ci-dessous, pour le moins expressif, issu je suppose du CIM.

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PodCafé #12: Journalistes en ligne. Invités: Mehmet Koksal et Pierre-Yves Lambert





Nous avions le plaisir de recevoir jeudi dernier Mehmet Koksal et Pierre-Yves Lambert pour un PodCafé tout entier dédié au métier de journaliste en ligne et à sa déclinaison version bloguienne.

Il fut également beaucoup question du rapport qu’entretiennent les journalistes et les hommes/femmes politiques, de l’avenir du journalisme et de sa composante citoyenne dans une société “online” ainsi que de la difficulté tangible de vivre de sa passion pour l’information.

Encore merci à eux deux pour ces 3X30 minutes très très enrichissantes. A écouter en ligne ou caler au chaud dans vos baladodiffuseurs.

Question de vous mettre l’eau à la bouche, voici le Blitz de la soirée.

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“Le Jour Liège” disparaît





L’édition liégeoise du journal Vers l’Avenir, “Le Jour Liège”, disparaîtra des kiosques dès samedi matin, a annoncé jeudi la direction du journal lors d’un conseil d’entreprise. Lancé en janvier 2005, le titre visait une diffusion moyenne payante d’au moins 4.200 journaux en 2006, 5.000 et 2007 et 6.000 en 2008. Or, les ventes moyennes tournent à 1.800 exemplaires en 2005 et 1.880 en 2006, soit moitié moins que les espérances. Les pertes pour 2006 se chiffrent à 950.000 euros et manifestement, la concurrence avec “l’opérateur historique” qu’est La Meuse (groupe SudPresse) n’a pas fait long feu.

L’explication officielle de la disparition de la 10ème édition du groupe

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Podcafé et les droits d’auteurs des journalistes





Merci à Alain Guillaume, qui préside la Société de gestion des droits d’auteurs des journalistes (SAJ), de nous avoir reçu jeudi soir pour une discussion à bâtons rompus sur “L’affaire Copiepresse vs Google” et, d’une manière plus générale, à propos de l’”honnête”rémunération à assurer aux producteurs de contenus sur le web.

Ce fut une excellente soirée, riche en échanges de points de vue divergents et en projections en tout genre. N’hésitez pas à prendre un peu de votre temps pour aller écouter ce qu’Alain raconte, il est loin des discours formatés, convenus et dichotomiques à deux balles. On s’est frités sur plus d’un point, le ton est monté à plusieurs reprises mais, au final, ces échanges furent d’une réelle richesse et ce fut un rare plaisir de pouvoir confronter nos avis sur des “issues” aussi cruciales.

Bref, voici quelques fichiers à mettre au chaud dans vos baladeurs mp3 pour votre prochain jogging/trajet en tram ou à écouter gentillement en direct sur le blog de PodCafé au gré de vos envies. Faites nous part de vos réflexions, rejoignez la discussion !

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