MàJ 9/5: Nous étions une quinzaine hier soir à La Lunette pour cette petite sauterie journalistico-factchekisante. Bonne humeur, bonne ambiance et juste assez de houblon pour ouvrir nos chakras.
Ravi en tout cas que d’avoir pu réunir autour de la même table des “pro” (Himad, de la RTBF; Philippe, de l’AFP; Nicolas, de L’Echo; Mateusz, Geeko/LeSoir), des “wannabe” (étudiants de la #MC123 de l’Ihecs) et des passionnés de la chose médiatique.
Nicolas Becquet a mis en ligne un très chouette papier de synthèse sur les enjeux abordés hier, avec son coup d’oeil avisé et le background qui est le sien au sein de la rédaction de Mediafin. François Paquay a lui aussi tendu son micro et sa plume à Sylvain pour cerner les principaux enseignements qu’il tire de l’expérience Véritomètre.
Inscrivez-vous en commentaire si vous souhaitez vous joindre à nous pour une discussion à bâtons rompus sur le pourquoi du comment de cette opération de Fact-Checking menée par les journalistes d’OWNI et d’iTélé tout au long de la campagne présidentielle française, avec le climax d’hier soir lors du débat télévisé entre les deux candidats.
Une idée de chouette café sur Bruxelles pour héberger une dizaine de geeks en goguette ?
Mais choisir, c’est aussi prendre sa petite vie entre ses petites mains, mettre sa petite bite sous son bras, son petit couteau entre les dents et monter au front.
A titre perso, je n’ai jamais vraiment compris comment un chef militaire arrivait à convaincre ses hommes de se placer en première ligne, face aux sulfateuses et en ordre de bataille. Plus con que ça, tu meurs. Et effectivement, c’est ce qui arrivait d’ailleurs la plupart du temps.
Et bien, disons qu’au moment où je vous parle, je suis là avec mes bytes et mon e-couteau, gueulant à plein poumons en sortant de la tranchée.
Face aux sulfateuses, donc.
Il y a deux mois, j’ai donc quitté le job de mes rêves pour aider un entrepreneur à réaliser les siens. Depuis 1 an, nous sommes une quarantaine à l’avoir rejoint. Des bonhommes et des gonzesses avec des coeurs gros comme ça. Au moins aussi gros que tous leurs egos réunis. Des jeunes freluquets au potentiel immense, des pas encore vieux dans leur tête mais plus aussi naïfs qu’à 25 ans, des passionnés de belles choses, des acharnés du bon, du long et du manuscrit, le tout augmenté.
Une bande de geeks qui essayent de rester libres de leurs modes et de leurs expressions. De venir, de partir, d’ouvrir leur gueule quand ils ne sont pas contents. Libre de se faire des hugs à 10H10 ou à 20h20, juste parce que ça fait du bien. Libre d’appuyer là où ça fait mal, de chercher, de creuser, d’innover dans leurs formats narratifs, de faire du LoL, de prendre le temps, de ne pas se sentir obligé de couvrir “parce que tout le monde le fait”, de couvrir parce que personne d’autre ne le fait …
Libre de produire de l’information au service d’un public aux multiples intérêts, et de ne pas servir un produit dans l’intérêt d’une communauté d’intérêts strictement financiers. Libre de ne pas se soucier du nombre de pages vues, de clics, de likes, de retweets que font leurs “objets d’hacktualités”". Libre de choisir, et donc de renoncer, en âme et conscience.
Le journalisme ne changera pas les hommes, mais tous les jours les journalistes participent à la modification du système dans lequel ils évoluent. Qu’ils le veuillent ou non, consciemment ou pas.
Un journaliste qui observe et décrit un phénomène influe sur sa course.
C’est un pouvoir qui lui est confié. Une autorité et une confiance qui s’acquièrent lentement et qui peuvent s’évaporer en un clin d’oeil.
Ce pouvoir, certains en font une fin en soi et sont prêts à toutes les compromissions pour ne pas en être privés. Le pouvoir comme une arme de non changement, ou de changement, mais à leur bénéfice exclusif.
La posture des journalistes qui font délibérément (#oupas) ce choix ressemble à celle d’un arbitre de chaise qui prétend juste compter les points alors qu’en fait, c’est lui qui décide quand et comment les joueurs peuvent frapper sur la balle (“C’est mon micro, je le tends à qui je veux”)
D’autres acceptent d’être investis de ce pouvoir et tentent de ne pas en abuser. Ils sont capables de faire des compromis avec leur propre conscience pour pouvoir continuer à se regarder dans le miroir le matin. Pour pouvoir continuer à observer le plus longtemps possible, en restant droit dans leurs bottes et honnêtes dans leurs intentions, les phénomènes qui agitent nos sociétés. Et à en rendre compte au plus grand nombre.
Assumer, de manière transparente, le point de vue duquel on se place quand on prétend informer des êtres humains, c’est juste faire preuve de la plus élémentaire des politesses envers eux.
Refuser d’assumer qu’un travail journalistique puisse, par effets de bords, mener à des changements systémiques et structurels, est une imposture intellectuelle.
On ne revendique pas impunément le droit d’user de sa liberté de parole pour, lorsque le gardien de Loi vous y invite avec d’autres, refuser de venir s’exprimer sous prétexte que, peut-être, en agissant de la sorte, on risque de provoquer des modifications dans le code qui régit notre vie en société. Mais le débat est ouvert, il ne s’agit après tout ici que de ma vision personnelle des choses ;-)
On ne se compromet pas en acceptant d’être écouté, pas plus que l’on ne se place en caution du résultat d’une large consultation. Il est des invitations qui ne se déclinent pas, quitte à partir plus tôt si la conversation devait tourner en rond.
Ma liberté, c’est d’avoir choisi de participer au laborieux financement d’une activité journalistique digne de ce nom, et de renoncer au confort de n’être qu’un spectateur faussement objectif du monde dans lequel je vis.
Alea Jacta Est, Advienne que pourra, Inch Allah, Youpie.
Nico, la rédac, les devs, le pôle data, les formateurs, les graphistes, Fred, Philippe, Régis, Franz, Adriano … je vous envoie une tonne de bètches.
Les marques se ruent sur Facebook. Pourquoi ? Parce que c’est là que leurs (futurs) consommateurs se trouvent. Et surtout, parce que la mécanique interactive y est parfaitement huilée, simple, efficace et extrêmement virale. Recréer cette dynamique à l’identique sur leurs sites corporate serait dispendieux, inefficace et constituerait une perte de temps incroyable. Pourquoi réinventer la roue alors que Facebook vous offre un train de pneus tout neufs pour véhiculer vos messages ? (more…)
Vendre du customisé goûtu plutôt que du standard lyophilisé, adresser des messages pertinents au compte-goutte plutôt que de vomir du “pack-shot 4 ans et +” à la grosse louche, intégrer le feedback de ses utilisateurs dans les process “qualité” plutôt qu’à à la rubrique “frais d’avocat”… il aura fallu vingt ans à l’Industrie pour percuter que les conversations entre individus pouvaient s’avérer bankables. (more…)