Les patrons de la Sabam inculpés !





Selon l’Echo et De Tijd, la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs (SABAM) et ses dirigeants ont été inculpés de falsification des comptes annuels, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent. La falsification des comptes annuels aurait servi à camoufler de l’argent noir versé à un fonctionnaire des Finances et l’argent aurait été blanchi via l’asbl Caisse d’entraide et de solidarité de la Sabam, selon les quotidiens. Le président du conseil d’administration, Jacques Leduc, et l’administrateur délégué, Paul Louka, figurent parmi les inculpés.

Allélouia ! Il était grand temps de faire le ménage dans cette société privée (!) chargée, soi-disant, de collecter et de redistribuer aux auteurs/compositeurs le fruit de leur travail. Les discours rétrogrades et les attaques vexatoires de la Sabam en matière de droit d’auteurs et de copyrighting vont enfin pouvoir être décryptés à la lumière de l’honnêté intellectuelle et financière de ses dirigeants. L’hypocrisie crasse dont cette institution peut faire preuve dans “sa” lutte contre le piratage, aussi. (à lire à ce propos les excellents billets de François Schreuer, notamment sur le P2P et sur le récent procès gagné par la Sabam contre Scarlet)

M’est avis qu’on a pas fini de découvrir les cadavres qui hantent les placards de cette société campée sur une vision passéiste de la production et de la rémunération des oeuvres intellectuelles et qui, au lieu de travailler à l’aboutissement de sa mission initiale, a, selon l’acte d’accusation, emprunté des méthodes de voyoux pour constituer une caisse noire à son seul profit.

Shame on Them !

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Downtown in Saint-Josse





J’ai eu Mehmet au téléphone ce lundi soir et visiblement, les coups qui lui ont été portés n’ont pas fait trop de dégâts. Ca aurait pu être pire si un des gus avait été armé. Des gus qui manifestement étaient bien remontés, et que l’effet de groupe a galvanisés. Résultat, un bistrot bousillé et un journaliste qui se fait amocher la tronche.

Ce qui est certain, c’est que la même manif avec les mêmes résultats en France aurait donné lieu à d’autres conséquences au niveau politique. A tout le moins à une explication de la part du ministre compétent (aka, celui de l’Intérieur, Patrick Dewael, si je ne me trompe). Or, si j’ai bien suivi, les “affaires courantes” ne prévoient semble-t-il pas que les parlementaires puissent poser des “questions d’actualité” à l’exécutif. (sauf à considérer qu’il s’agit d’une affaire strictement bruxelloise et du ressort unique de son gouvernement).

Je n’y connais pas grand chose en popote interne turco-turque, et encore moins en waterzouille belgo-turc, mais il me semble que ce genre d’événement est assez grave pour ne pas être pris à la légère par notre gouvernement, fut-il précisément en affaires courantes.

De nombreuses questions peuvent en effet légitimement être posées suite à cet incident:

- Comment se fait-il qu’un groupe d’au moins 200 jeunes geulards puisse passer inaperçu au point de dépasser complétement les forces de l’ordre sur le terrain, qui ont été forcées d’attendre qu’Offenbach daigne envoyer sa cavalerie, au petit trot ? Où étaient les renforts ? (ne me dites pas “en week-end” ou je mords)

- Ces jeunes s’exprimant en langue turque, quelqu’un a-t-il pensé faire venir un interprète ? D’après certains échos, notre maréechassé en avait plein les bottes tellement qu’elle entrevait que pouic à ce que les gus beuglaient … pas évident dans ce cas d’être réactifs et de pouvoir anticiper.

- Comment se fait-il que l’ambassade américaine, lieu protégé en permanence depuis des années avec moults combi et MP embusqués, puisse être approchée de si près que l’on puisse s’emparer de la banière étoilée flottant fièrement en devanture ? Même lors des manifs anti-invasion en Irak, personne n’avait réussi ne fut-ce qu’à prendre pied sur le trottoir. Rassurez-moi, le type qui a décroché le drapeau a été arrêté et conduit fissa au poste ? Au pire, vu qu’il a dû être photographié sous toutes les coutures, sa mise aux fers et son extradition vers Guantanamo ne sont dès lors plus qu’une questions d’heures, n’est-ce pas ?

- Enfin, il semblerait que le bistrot qui a été saccagé était lui aussi dans l’angle de caméras de surveillance. Avez-vous pris connaissance des images et où en est l’identification des auteurs ?

Patrick ? Laurette ? Anybody in Da House ?

Ceci dit, je suis content que notre association professionnelle soit promptement montée au créneau et ait condamné cette agression (contre laquelle Mehmet a d’ailleurs porté plainte). Si on ne peut plus se trouver aux mauvais endroits aux mauvais moments, le job de journaliste se retrouve amputé d’une bonne part de sa raison d’être. Heureux aussi de voir que les marques de soutien arrivent nombreuses sur son blog.

A lire aussi ce qu’en pense Philipe Leruth.

PS: Merci à Bai Kamara Jr.pour le titre de ce billet

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Union Européenne contre Microsoft: amende de 497 millions d’euros confirmée





Le tribunal de première instance a rendu ce lundi publique sa décision. (le texte en version intégrale est disponible ici)

Extraits:

à propos de l’interopérabilité:

(…) Il considère que c’est à bon droit que la Commission a conclu qu’il était nécessaire que les systèmes d’exploitation pour serveurs de groupe de travail concurrents de Microsoft soient en mesure d’interopérer avec l’architecture de domaine Windows sur un pied d’égalité avec les systèmes d’exploitation Windows pour pouvoir être commercialisés de manière viable. (…)

(…)Le Tribunal rejette enfin les arguments avancés par Microsoft selon lesquels le refus est objectivement justifié parce que la technologie concernée est couverte par des droits de propriété intellectuelle. À cet égard le Tribunal note qu’une telle justification rendrait sans effet les principes posés par la jurisprudence mentionnés ci-dessus. Par ailleurs, le Tribunal estime que Microsoft n’a pas démontré que, si elle était contrainte de divulguer les informations relatives à l’interopérabilité, cela aurait une incidence négative importante sur ses incitations à innover.
Le Tribunal confirme donc la partie de la décision concernant l’interopérabilité.(…)

à propos de la vente liée du système d’exploitation Windows pour PC clients et de Windows Media Player

(…) le Tribunal estime que les éléments retenus par la Commission pour conclure à l’existence d’une vente liée abusive sont exacts et conformes au droit communautaire. Il rappelle que ces éléments sont les suivants : premièrement, l’entreprise en cause détient une position dominante sur le marché du produit liant ; deuxièmement, le produit liant et le produit lié sont deux produits distincts ; troisièmement, les consommateurs n’ont pas le choix d’obtenir le produit liant sans le produit lié ; et quatrièmement, la pratique restreint la concurrence. (…)

(…) le Tribunal constate que Microsoft n’a pas démontré l’existence d’une justification objective à la vente liée et que la mesure corrective imposée par la Commission est proportionnée. Dans ce contexte, le Tribunal souligne que Microsoft maintien le droit de continuer de proposer la version de Windows couplée avec Windows Media Player et qu’elle doit seulement donner aux consommateurs la possibilité d’obtenir le système d’exploitation sans ce lecteur multimédia, une mesure qui n’implique aucun changement de la pratique actuelle de Microsoft sur le plan technique autre que le développement de cette version de Windows.
Le Tribunal confirme donc la partie de la décision concernant la vente liée de Windows Media Player.(…)

Par ailleurs, le tribunal a annulé certaines dispositions liées à la désignation d’un mandataire indépendant

(…)il considère que, en établissant le mécanisme du mandataire indépendant, doté de ses propres pouvoirs d’enquête et pouvant être appelé par des tiers à agir, la Commission est allée bien au-delà de la situation dans laquelle elle désigne son propre expert en vue de la conseiller au cours d’une enquête.(…)

(…)Le Tribunal annule donc la décision dans la mesure où elle ordonne à Microsoft de présenter une proposition portant sur la désignation d’un mandataire indépendant doté des pouvoirs d’accéder, indépendamment de la Commission, à l’assistance, aux informations, aux documents, aux locaux et aux employés de Microsoft ainsi qu’au code source des produits pertinents de Microsoft et dans la mesure où elle prévoit la mise à la charge de Microsoft de l’ensemble des coûts liés a ce mandataire.(…)

En conséquence:

Le Tribunal constate que la Commission n’a pas apprécié de manière erronée la gravité et la durée de l’infraction ni commis une erreur dans la fixation du montant de l’amende. Étant donné que l’abus de position dominante est confirmé par le Tribunal, le montant de l’amende reste inchangé à 497 millions d’euros.

RAPPEL: Un pourvoi, limité aux questions de droit, peut être formé devant la Cour de justice des Communautés européennes contre la décision du Tribunal, dans les deux mois à compter de sa notification.

(Thanx Mehmet)

Du coup, Microsoft a décidé d’arrêter l’informatique et de se recycler dans le pinard :-)

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Sicko: “Ah, la santé des Amerloques !”





Premières chtites impressions d’après visionnage du dernier coup de gueule de Michael Moore contre l’establishement de droite (ou supposée telle) dans son pays natal. En gros, du très bon, du comme je les aime, mais avec un gros bémol quand même.


Je rajouterais, pour conclure, qu’il serait assez intéressant de dresser un état de santé de notre propre système belge, de voir où en est la privatisation du secteur et de se servir de cette “frappe préventive” Michaelmoordienne pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Donc, si vous êtes un acteur/actrice du système de soins de santé belge, au sens large, et que vous avez envie d’en parler, ne vous gênez pas, je serai ravi de pouvoir entendre ce que vous aurez à nous partager à ce sujet. (Mode Parano on) “Je promets l’anonymat” (Mode Parano Off). Faudrait pas non plus que Michael se soit cassé le derche pour des prunes !

Hop quelques liens:

Le site du film: du web deux partout, du participatif (“vaz-y uploade ton expérience perso sur Youtube”)

Le site de Michael Moore (et un autre film à aller voir, tjs selon Moore)

le flux Technorati sur Sicko

Google critique Sicko“, sur Google-Stories

Un brulôt anti-Michael Moore” «Ange ou démon, Michael Moore?» s’interroge le cinéaste torontois Rick Caine

Sicko: Michael Moore rend les démocrates malades” (Guillemette Faure, sur Rue89)

Vacation is Over” une lettre ouverte de Moore à Bush juste après l’ouragan Katrina. C’était il y a 2 ans. On remet le couvert avec Dean ?

“Je me considère comme un satiriste, et la satire a toujours été considérée comme une forme de journalisme. Il s’agit d’exprimer une opinion fondée sur des faits et c’est ce que j’essaie de faire dans mes films. Mais j’essaie aussi de divertir les gens : avant tout, je fais des films. Je ne soutiens pas un mouvement politique dans ce film. Je ne suis pas prêcheur, je suis réalisateur”.

Michael Moore

Technorati Profile

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On s’en fout, c’est les vacances





La semaine passée donc, après avoir présenté et approuvé les comptes… 2005 et 2006, les membres du conseil d’administration de l’Avenir du Pays de Liège ont décidé de procéder à l’euthanasie du bébé. Et de filer la caisse au GRE Liège (Groupe de redéploiement économique), un autre bébé daerdenien. Le trésor de guerre devrait s’élever à 216 000 €. « Devrait », parce que son système de financement pour le moins particulier amène à sous-évaluer le montant. Selon le bon vouloir de Daerden, l’asbl était financée par… des intercommunales, qui payaient chaque année 25 000 € de cotisation ! Or, à ce jour, l’ALE, le CHR, Intradel et la SPI+ n’ont aucune envie de payer la dîme à une assoc inactive. Une belle illustration du système Daerden, au service (évidemment) de la collectivité… Pour un candidat à la Ministre-présidence wallonne, ça promet.

Cet extrait, tiré d’un article du Pan, m’a rappellé ce sujet diffusé au JT le 28 juin dernier.

L’un et l’autre semblent jusqu’ici avoir fait pschiit, comme une bonne canette de Jup’ 33 à l’ombre de la caravane du Tour de France (ou d’Italie, ou des padocks de Francorchamps, à vous de voir). A Charleroi, depuis l’affaire des logements sociaux de La Carolorégienne en septembre 2005 jusqu’au dossier des faux procès-verbaux du collège, la justice avait déjà signifié fin juin 2007 pas moins de 43 inculpations en vingt et un mois. Un “système” visant à placer le maximum de pouvoir dans les mains du plus petit nombre et d’en profiter plus ou moins directement et à plus ou moins long terme, a été mis au jour. Le parrain local n’ayant pas encore été dégommé, on y joue les prolongations et le(s) procès (“si on me laisse faire“, pourrait dire la juge Baeckland) risquent d’être intéressants à suivre.

Reste quand même qu’on ne me fera pas croire que les bons plans n’ont pas circulé entre potes et trouvé de subtiles déclinaisons ailleurs en Walonland. Comme le dirait mon bon Mijin, “Passe, passe le oinj, y’a du monde sur la corde à linge” :-P

Mais pas à Liège. Là, c’est no problemo, on roule à l’eau claire, nous monsieur ! pas de trace d’IPO ou d’OPA dans nos urines, on est clean de chez Clean&Clean, business as usual, faites une bise à papa et dormez bien.

Bonnes Vacances Camarades

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Dura Lex Sed Lex





Z’ont rien d’aut’ à fout’ à la maison poulaga ? Y zavaient pas l’un ou l’aut’ truc à gratter à Charleroi plutôt que de me niquer le début de semaine ?

Tcheu, 100 balles pour une bièsstrie pareille, ça me fait vraiment mal au fesses ! Vous croyez que je peux passer ça en frais professionnels :P ?

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Le jour où Digg a tué les DRM





“Today was an insane day” … c’est en ces termes que Kevin Rose, un des fondateurs de Digg, commence le dernier billet publié sur le blog du célèbre réseau social. En cause, l’emballement de la communauté au cours des dernières 24h à propos d’un code permettant de casser les protections des DVD en Haute Definition. Posté une première fois, ce code avait rapidemment atteint la home page avant de faire l’objet d’une modération et d’être retiré. La menace de poursuites en justice par des organismes comme la MPAA où la RIAA était trop importante pour tenter le diable et laisser cette info sur le site.

Sauf que. Le code a été reposté une deuxième fois, et a bien sûr été à nouveau retiré, entrainant une réaction en chaîne de la communauté qui aime tout, sauf de se faire baillonner et encore moins pour les beaux yeux de la RIAA. Des dizaines et des centaines de billets contenant le code ont donc été soumis aux serveurs de Digg, qui n’ont pas tenu le coup très longtemps.

Résultat des courses, Kevin Rose décide de laisser le code et tous les commentaires autour de cette histoire être publiés. Comme il l’explique dans la suite de son billet, il a décidé de suivre sa communauté et d’en assumer les conséquences, quelles qu’elles soient.

“(…) after seeing hundreds of stories and reading thousands of comments, you’ve made it clear. You’d rather see Digg go down fighting than bow down to a bigger company. We hear you, and effective immediately we won’t delete stories or comments containing the code and will deal with whatever the consequences might be.

If we lose, then what the hell, at least we died trying”.

Le mec est prêt à endosser la responsabilité juridique de la publication de ce code et donc, qui sait, de fermer Digg si la justice l’y oblige… c’est couillu parce que Digg est son bébé et qu’il n’est rien (ou presque) sans lui. En même temps, Digg ne lui appartient pas. Digg n’appartient qu’à la communauté qui la compose et non à l’individu qui la créé.

En s’alignant sur la décision de sa communauté, Kevin Rose en devient son héro, celui qui tend un majeur bien droit à la face de la RIAA. Laquelle, au regard de sa ligne de conduite, ne peut pas rester immobile et attaquera sans doute Digg devant les tribunaux. J’imagine d’ici la horde de diggeurs alliés aux anti-DRM de tout poil faire monter la pression autour de cette affaire dans l’attente d’une improbable audience, qui n’aura jamais lieu. Comment lutter contre cela ? Quelle societé aurait les reins assez solides pour encaisser les coups de butoir d’une communauté comme celle de Digg ? Parce que, croyez-moi, si elle se met en route pour foutre la merde et trouver les cadavres dans les placards, ça risque de faire du bruit… une veritable armée décortiquera tout ce qui pourra faire tomber la RIAA ou la MPAA … et elle trouvera de quoi. Sans compter que si un tel procès devait avoir lieu, il aurait un retentissement énorme dans les médias traditionnels.

Les droits d’auteurs et les protections numériques seraient sur le grill et in fine tout le monde aurait l’occasion de s’appercevoir combien la mentalité de ceux qui soutiennent ces protections est archaïque et tout sauf “user centred”. Les boutiquiers des maisons de disque et des producteurs d’Hollywood vont se prendre un grosse claque si leurs chiens de garde décident d’attaquer Digg. Et s’ils ne le font pas, ils auront perdu toute crédibilité auprès des auteurs à qui ils répètent qu’ils sont leurs “protecteurs face aux vilains pirates du web”…

En gros, quoi qu’ils fassent, procès ou pas procès, ils sont foutus !

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Rent a Wife: mission completed, site off





La plainte de l’Institut pour l’Egalité entre les Hommes et les Femmes (IEFH), ainsi que les 8 autres qui avaient été déposées depuis la mise en ligne de la campagne “Rent a Wife“, a été traitée ce mercredi devant le tribunal des référés de Bruxelles. Jour également choisi par Home Entertainment Services, la maison mère de DVDPost (l’annonceur, pour ceux qui l’ignoraient) pour y mettre un terme. Environ 600.000 personnes auraient visité le site depuis son lancement le 10 avril dernier, il y a pile 15 jours le 1er avril, soit 24 jours .Le jugement est attendu pour dans un mois.

Je suis curieux de voir jusqu’où la loi anti-discrimination sera interprétée et, surtout, comment le web va être considéré en tant que support d’expression, fut-elle publicitaire. On peut penser ce qu’on veut de cette campagne, mais il serait pour le moins malvenu qu’une jurisprudence à la wanesgaine vienne plomber l’ambiance (les chiffres pour 2006 que l’IAB s’apprête à sortir sont pour le moins encourageants), ou pire, limiter certaines libertés fondamentales.

Je ne dis pas qu’il faut laisser libre cours à la créativité des agences sans fixer un certain nombre de règles éclairées et de gardes-fou qui préservent le consommateur lambda des abus que l’escalade au “chocking” va provoquer. Je dis juste que tant que la profession ne se sera pas mise d’accord (à ce que je sais, Emakina n’a pas souscrit à la charte de l’Association Belge du Marketing Direct), et tant que le JEP sera aussi inefficace (voire à la limite du foutage de gueule), la tentation pour le législateur de promulguer un carcan (très/trop) restrictif sera grand.

Et à ce compte-là, tout le monde sera perdant.

MAJ: petite question aux communiquants parmis vous, 600.000 visites en 24 jours, ça vous semble honnête comme return ? L’idéal, évidemment, serait de savoir aussi le taux de conversion de ces visites vers le site de DVDPost (mais là, je doute qu’ils communiquent à ce propos :P). Quelqu’un peut-il me filer le communiqué officiel de DVDPost, je n’ai qu’une dépêche d’agence comme source ? bedankt

MAJ: D’après Olivier de Doncker, je m’”acharne” (?!) à “démolir” (?!) et à “dénigrer” (?!) le travail de l’agence qui l’emploie … Du coup, je ne reçois plus les communiqués d’Emakina. Panpan culcul “t’es pas gentil comme je voudrais alors je ne te parle plus” … ben merde alors, comment je vais faire pour continuer à blogguer moi ? :mrgreen:
Finalement, un billet non publirédactionnel, c’est un excellent antispam …

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Quelles poursuites judiciaires pour le "Happy Slapping" ?





Voici un petit podcast réalisé par téléphone alors que j’étais en bagnole, d’où la voix de Darth Vador à certains moments :-) avec Me Alexis Ewbank, avocat bruxellois spécialisé dans le droits des médias, en préparation à ma chronique de demain sur Au Quotidien consacrée au phénomène du Happy Slapping. Le confort d’écoute n’est pas exceptionnel mais j’avais envie de partager avec vous le contenu de cette discussion.

Je retiens notamment l’existence en France d’un “délit de captation d’images avec intention de nuire”, qui n’est pas présent dans le code pénal belge. Ce délit avait d’ailleurs mené à la condamnation des auteurs des photos et films pris dans le cadre de l’affaire Fili Houtman/Daniel Ducruet.

[audio:http://www.bloggingthenews.info/Podcast/HappySlapping.mp3]

Téléchargez le fichier au format.mp3.

En Belgique, le cadre légal est moins précis même s’il permet quand même à une victime de Happy Slapping de faire valoir ses droits. Dans le chef de mineurs, les poursuites pénales sont réduites à leur plus simple expression (?!), avec à la clé au mieux un placement en institution, au pire un “simple” dédommagement au civil pour lequel les parents de l’auteur se verraient obliger de casquer afin de réparer les conneries de leur rejeton. Les parents doivent donc être plus que vigilants, même si, au pénal, ils ne risquent manifestement pas grand chose.

En ce qui concerne celui qui filme une scène de ce genre (et/ou qui la rend disponible sur le web), il peut tout fait être condamné pour non-assistance à personne en danger et puni au titre de co-auteur (ça va dans le même sens que l’addendum apporté par N. Sarkozy à sa loi contre la délinquance)

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a ainsi récemment condamné un majeur de 24 ans à 200 heures de travaux d’intérêt général pour avoir filmé ses ébats sexuels avec une mineure de 15 ans, à l’insu de celle-ci (+ 10.000 euros de dommages)

Enfin, Me Ewbank insiste sur la nécessité pour les pouvoirs organisateurs dans les écoles de faire preuve de prévention de tels actes et, à tout le moins, de dénoncer ceux-ci et leurs auteurs quand ils en ont vent. Dans le cas contraire, leur responsabilité serait clairement engagée et les PO pourraient être condamnés pour leur absence de réaction.

Pour ceux que ça intéresse, j’avais déjà réalisé un podcast avec Me Ewbank en juin 2005 à la suite de la relaxe du bloggeur belge qu’il avait défendu dans un dossier de diffamation intenté contre lui par la société Excell. Il s’agissait du premier cas d’espèce en Belgique et où le droit à la liberté d’expression sur le web avait été réaffirmée par le tribunal de Bruxelles.

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Copiepresse vs Google: So what ?





La justice belge a donc confirmé le jugement intervenu l’an passé condamnant Google à retirer toutes références à des articles dont Copiepresse, représentant les éditeurs francophones et germanophones, détient les droits. Le jugement rendu ce mardi n’apporte sur le fond aucune réponse, si ce n’est qu’au regard de la loi sur les droits d’auteurs et droits voisins, Google est en infraction et sera contraint de verser une indemnisation, à condition que la justice civile en décide ainsi.

Dans le premier jugement, l’astreinte avait été fixée à 1 millions d’euros par jour de retard, soit à l’heure actuelle plus de 130 millions, compte tenu du fait que Copiepresse a fait acter la présence continue d’articles non seulement dans Google news mais aussi  dans le cache du moteur de recherche. Une somme rondelette (?!) qui n’a toutefois pas trouvé confirmation dans le jugement de ce mardi vu que la juge Aurélie Magerman l’a désormais plafonnée à 25.000 euros/jour, soit près de 3 millions d’euros. In fine, il s’agit-là de la seule véritable info à retenir de cette journée, le fait que Google ait d’ores et déjà décidé d’aller en appel de ce jugement coulant pour sa part de source.

Que pensez de tout cela ?

Depuis le début de l’affaire, que j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près à l’époque des deux premiers jugements, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la finalité de cette action en justice à ses conséquences. Inutile de vous dire que je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais j’ai pu discuter à plusieurs reprises avec quelques acteurs de cette saga (excepté chez Google, même en étant dûment accrédité). A l’occasion d’un PodCafé spécial, nous avions eu aussi l’occasion d’échanger allègrement nos points de vue avec Alain Guillaume, alors président de la SAJ, partie à la cause.

Tout d’abord, je ne peux que constater que ce procès n’aura servi qu’à une seule chose dans l’esprit de Copiepresse et de ses défenseurs: amener Google à négocier. C’est parce que le moteur niait superbement les courriers envoyés à son intention que Copiepresse a engagé son action. “Ils ont bien trouvé un deal avec Associated Press, pourquoi pas avec nous ?”, était en substance ce qu’on me donnait comme justification. Non sans raison, il est vrai, mais à la différence, de taille, qu’AP est la plus grosse agence de presse au monde, et qu’elle est américaine. Tout ce barouf, donc, pour entendre in fine ce mardi Philippe Nothomb, le vice président de Copiepresse, réitérer son appel à la négociation. Négociation à laquelle Google a pourtant déjà participé, en coulisses, et jusque très tard la veille du 24 novembre dernier, date à laquelle le dossier a été plaidé devant la justice, Google ayant obtenu d’être rejugé suite à son absence lors du premier jugement en août.

Négociations il y a donc eu, et accords aussi puisque la Sofam et la Scam, deux autres sociétés de droits d’auteur parties à la cause se sont désistées au dernier moment, un chèque sous le bras. Aucune somme précise n’a été avancée, pas plus que le contenu des dits accords, mais au regard des 3 millions évoqués aujourd’hui, ces deux deals semblent avoir été “corrects”, compte tenu également qu’une sorte de “mise à l’épreuve” y aurait été incluse. (A nouveau, ne prenez pas ces infos pour du pain béni, les sources en la matière sont rarissimes)

Bref, Google a bien mis de l’argent sur la table pour faire cesser l’action contre elle. Pourquoi n’y a-t-il pas eu accord avec toutes les parties ? Manifestement parce que Google à toujours refusé mordicus d’insérer les termes “droits d’auteur” dans les conventions. S’arc-boutant sur la législation, les avocats ont donc plaidé, avec le résultat que l’on connaît: “Google ne fait pas exception à la loi en vigueur, telle que la juge l’a interpretée”, pourrait-on résumer. En ce qui concerne l’utilisation du cache, je pense en effet que Google  se plante vu qu’un éditeur doit pouvoir avoir le droit de vendre ses articles au prix qu’il le souhaite (fut-ce 1 euro/pièce) sans se faire “doubler” par une copie gratuite sauvegardée sur un serveur qui ne lui appartient pas. Je suis par contre beaucoup moins enclin à considérer le “simple” référencement comme du vol, mais bon … comme dirait Jean-Luc , Ca se discute.

Ok. So what now ?

Cette décision peut-elle faire jurisprudence, tenant compte du fait que la loi est sensiblement la même ailleurs en Europe ? Sans doute. Encore faut-il que d’autres éditeurs emboitent le pas (on annonce des actions en Autriche et en Italie) A mon sens, seule une action massive, concertée et réellement solidaire aurait une chance d’obliger Google a revoir drastiquement sa politique. Or, Google aura toujours le choix de “retourner” l’un ou l’autre acteur en se mettant à table sélectivement, comme ce fut le cas avec la Scam et la Sofam. Même en cas de solidarité jusqu’au boutiste, Google pourrait abandonner son cache sans que cela ne lui fasse ni chaud ni froid. La problématique de la rémunération des droits passés et à venir n’avancerait pas pour autant d’un iota

Concrètement, en quoi les éditeurs francophones/germanophones et la SAJ pourraient sortir gagnants de ce bras de fer ? Très sincèrement, et je ne pense pas être le seul dans ce cas,  j’ai vraiment du mal à cerner les avantages que cette procédure amènera aux journaux.

Le premier effet de cette action en justice aura été la désindexation des sites des journaux dans Google. C’est sans doute aussi celui qui risque d’être le plus dommageable à long terme, n’en déplaise à M. Nothomb qui lors d’une conférence de presse ce mardi a déclaré que ceux-ci n’avaient jusqu’ici pas souffert de ce retrait. Le graphique ci-dessous (thanx denis) ne semble pas franchement du même avis si on compare avec un service non linéaire, pur player 2.0, axé sur l’utilisateur, comme Scoopeo. (ca reste du Alexa, c’est pas la bible hein !)

Il ressort surtout Copiepresse et la SAJ pourront danser sur leurs têtes, crier au coup bas et supplier Google pour inclure une réindexation  de leurs titres dans une éventuelle négociation … aucune loi ne pourra obliger Google à le faire, et pire, le moteur n’aurait à présent qu’à verser 3 millions d’euros d’aumône pour clôre le dossier. (Google a réalisé 3 milliards $ de bénéf l’an passé …)

Il ferait alors une croix sur le référencement du contenu des journaux belges francophones et sur son ambition “d’organiser l’info mondiale”. Une sorte de village gaulois, en quelque sorte … je vois déjà Sergei et Larry écrirent dans leurs mémoires “de tous les peuples, les belges étaient les plus brââves :-)

De leur coté, nos journaux pourraient quant à eux faire une croix tout aussi définitive sur le formidable potentiel que représente le web en terme de diversification de leurs sources de revenus et seraient condamnés à courir derrière une audience qui jamais au grand jamais n’achetera demain plus de papier qu’hier. Sans compter sur l’interactivité, la diversification des formats (podcasts, etc.), les conversations, les apports “citoyens”, etc… basta, terminé gozette tintin rastacouette ! Comment en effet pourraient-ils encore exister sur la toile alors qu’ils sont tout simplement absents du principal outil que leurs cibles utilisent pour trouver les infos qui LES intéressent ?

Qui, à l’heure actuelle, se dit encore “Je me demande ce que La DH/La Libre/LeSoir racontent aujourd’hui à propos de tel ou tel sujet” ? hu ?
Si je m’intéresse vraiment à une actu, je cherche à recevoir le plus de sources possibles afin de me forger mon opinion, j’agrège les flux RSS des rubriques, des blogs, des forums qui parlent précisément de ce sujet, ici et ailleurs de ce monde devenu plat. Je ne perds plus mon temps à passer tout un site à la loupe pour voir si un nouvel article à été publié. Même si je suis un fan de la plume de tel ou de tel journaliste, rien ne m’oblige plus à me farcir la prose de ses collègues. Croire qu’obliger les internautes à passer systématiquement par la page d’accueil d’un journal en ligne sans les faire fuir irrémédiablement est une abbération, à fortiori quand cette page est une pub full screen…

Certes il faut pouvoir payer les journalistes suffisamment pour assurer leur indépendance face aux marchés/aux politiques, évidemment ! Certes il faut que la hiérarchie “qui ne produit pas mais assume les risques” le soit aussi ! Le “tout gratuit” n’est évidemment pas une solution à long terme pour assurer du travail de qualité et la multiplication des outils de micropaiements offrent d’ailleurs de belles opportunités, encore faut-il les essayer. Et surtout, il est grand temps de réaliser que si les “clients” de l’info ne sont pas remis au centre des stratégies, alors la raison même d’un organe de presse disparaît. On peut vitupérer contre le monopole de Google, son rôle est incontournable et il faut “faire avec”. Quand on pense qu’ils y a dix ans, et pour des raisons quasi similaires, le fameux “Central Station” capotait, avec dans le role de Google les éditeurs eux-mêmes face aux journalistes … l’histoire à une drôle de manière de repasser les plats.

Je continue donc à croire que cette action en justice est un combat d’arrière garde, désespérément accrochée à un mode de transmission/d’enrichissement de
l’info ainsi qu’à une législation obsolètes, à défaut d’être complètement révolus. Et je maintiens aussi que Copiepresse a dû faire ce procès parce que
justement, nos canards n’en sont qu’à leurs balbutiements sur le web.
S’ils avaient initié plus tôt leur
convergence print/online et osé la carte de la créativité journalistique multimedia, jamais les éditeurs n’auraient eu besoin de ce procès pour se donner de l’air.

Mais ça ne reste que mon avis :-)

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