Avant l’heure, c’est pas l’heure. Mais après l’heure, c’est plus l’heure non plus.





Dans un dernier soubresaut apoplectique, la Commission des sondages a donc saisit le parquet de Paris d’une plainte à l’encontre de l’AFP, de deux médias belges, d’un média suisse, d’un site internet basé en Nouvelle Zélande et d’un journaliste belge qui aurait envoyé les estimations par tweet.

On l’a portant dit, redit et reredit, tout au long de la semaine, la loi électorale française a été hackée par les nouveaux usages issus de la culture numérique. On peut le déplorer ou s’en réjouir, c’est un fait.

Depuis 2007, le législateur français a pourtant eu du temps d’adapter son code mais il ne l’a pas fait. Contrairement à Twitter, Facebook et les autres plate-formes qui, elles, on fait des itérations quotidiennes et systémiques sur leurs codes sources afin de s’adapter et de donner du sens aux échanges qui s’y déroulent.

A ce niveau, ce n’est plus du jetlag dont le système souffre, mais d’une faille spatio-temporelle. Ce n’est plus la pile qu’il faut changer, mais la montre …

#my2cents:  Le monde est définitivement plat (un peu comme le pays qui est le mien, mais en plus grand) et, si vous voulez mon avis, une part non négligeable de l’exercice de la démocratie passera forcément à l’avenir par des systèmes en ligne dont les utilisateurs approuveront régulièrement et collectivement le bon fonctionnement. 

Bref, à titre perso, je suis positivement ravi que des médias belges aient ainsi pu informer nos cousins français de ce qui se passait chez eux. Le pied-de-nez aux grandes gueules du PAF faisait d’ailleurs partie de la fête. Et ce fut un pur bonheur que de garder l’oreille collée toute la journée sur le transistor de #RadioLondres.

D’ailleurs, avec un peu de chance, un jour, des médias français viendront eux aussi profiter d’une faille dans le système belge pour faire des pagesviews pointer du doigt l’un de nos (multiples) paradoxes et nous en montrer les limites.

En espérant que la justice belge aura le bon sens de ne pas les trainer justice mais encouragera les systèmes obsolètes à s’adapter, au risque d’ajouter le ridicule au pathétique pour ceux qui s’obstineraient encore à vivre au siècle dernier.

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Bannir les émeutiers des réseaux sociaux. Faisable ? Souhaitable ? Défendable ?





J’ai été interrogé par l’agence Belga à ce propos (dépêche à lire ici)

A ne surtout pas louper, cet excellent papier (dont est tiré la vidéo ci-dessous) de Quentin Noirfalisse, publié sur GeeksPolitics, ainsi que le dossier réalisé par l’équipe d’OWNI (Jean-Marc Manach, Sabine Blanc et Ophélia Noor) également présente au Chaos Communication Camp qui s’est déroulé cette semaine en Allemagne.

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Journaliste (ou pas), la confiance … à tout prix





Chronique diffusée ce mercredi dans Matin Première (RTBF)

La FTC (Federal Trade Commmission) américaine a validé lundi une série de dispositions encadrant «l’usage du témoignage et du parrainage dans la publicité» mettant ainsi à jour des règles de 1980. A l’heure où, comme c’est le cas en Grande-Bretagne, les budgets publicitaires dépensés sur la toile sont en train de surpasser ceux de la TV, cette update législative de 81 pages risque de provoquer quelques prises de bec entre les acharnés du 1er amendement et de la presse libérée (Jeff Jarvis et Dan Gillmor en tête) et tous ceux qui pensent que le web nécessite d’être régulé, par la porte ou par les fenêtres s’il le faut, tant le danger qu’il représente pour le consommateur est important.

http://media-2.web.britannica.com/eb-media/40/37940-004-07D42373.jpg

(credit photo: Britannica)

Particulièrement visés (avec une sanction de 11.000 $ à la clé pour ceux qui omettraient de déclarer leur “lien matériel” avec une marque), les bloggeurs se retrouvent pointés du doigt par la FTC pour la non transparence dont certains font preuve lorsqu’ils écrivent des billets sponsorisés. Le débat est vieux comme le html et il ne faut pas avoir fait Desirdavenir.com pour savoir que le bloggeur qui veut durer dans le temps applique souvent même sans le savoir certaines règles, partagées (voire même adoptées) à la déontologie journalistique. Mais voilà, pour la FTC, il faut pouvoir tirer un trait entre le “safe à priori” et le “wrong par définition”.

Et c’est bien là tout le problème que pose cette nouvelle réglementation. Pourquoi donc s’échiner une nouvelle fois à distinguer les amateurs des professionnels alors que les premiers produisent quantitativement bien plus d’informations (fussent-elles à caractère commercial et si tant est que “Belgacom sucks !” ou “Microsoft rocks !” puissent être considérés comme des messages informationnels) ? Travailler pour un industriel du bâtiment ou des petits n’avions de guerre affranchirait-il le professionnel encarté du pêché vénal originel qui lui ferait accepter moins facilement que l’amateur passionné de tester la dernière Seat lors d’un séjour full options à Ibiza ?

Comme le souligne The Inquisitr, reprit par Philippe Berry sur 20minutes.fr “Quand avez-vous entendu un critique ciné préciser qu’il a été invité à une projection ou des journalistes high tech mentionner qu’ils reçoivent gratuitement du matériel?». Et de dénoncer les abus, notamment dans les pages tourismes des magazines, malgré une charte déontologique à laquelle les journalistes sont soumis. «Pourquoi la presse ne devrait-elle pas être concernée par les règles de la FTC?», s’énerve The Inquisitr.

Dans la pratique, et la FTC le reconnaît d’ailleurs, il sera impossible de mettre un flic derrière chaque bloggeur ou chaque Twittereur qui publie une appréciation suite à son expérience d’un produit, facilitée ou non par la livraison gratuite à domicile dudit produit. A moins que sous l’angélique apparence d’une “frappe préventive” chargée de protéger le bon peuple, la FTC ne se fasse en fait le bras armé de ceux qui souhaitent voir le web “assaini” de sa part incontrôlable (et qui en fait pourtant toute sa richesse) voire de ceux qui en coulisses oeuvrent pour instaurer un web à deux vitesses ?

Le full-disclosure, (en français, la transparence) car c’est bien de cela dont il s’agit in fine, n’a de sens que quand il est volontaire et non contraint. Car il renforce le lien social qui unit celui qui émet, celui qui reçoit et ceux qui commentent un message. Et surtout, il (re)crée de la confiance. Une valeur qui, que l’on soit journaliste, bloggeur, consultant ou utilisateur lambda, ne s’achète pas et ne se bradera jamais contre un pot de Nivéa, un chèque Bongo ou un gsm, fut-il 3G ou designé à Cupertino …

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Sourcer n’est pas joué …





Si la problématique de la responsabilité éditoriale de celui qui publie un lien a été brièvement abordée hier soir dans interMédias (via l’affaire Olivier Martinez vs Fuzz) il en est une autre qui revient épisodiquement sur la table depuis le procès Google vs Copiepresse, à savoir la limite du droit de citation. En gros, prendre 2,3 ou 5 lignes d’un chapeau avec un lien, est-ce se rendre coupable d’infraction à la législation sur les droits d’auteurs, telle qu’en vigueur actuellement ?

Le dernier exemple en date, dont je parlais lundi et sur lequel Jean-François Lauwens (Le Soir) revient également aujourd’hui, concerne le Figaro. Le journal français a en effet réclamé 150 euros de “droit de reproduction” au site Impôts-utiles pour avoir repris un de ses articles, avec pourtant un lien à l’appui, sous peine de poursuites pour “contrefaçon”.

Manifestement, certains journaux ont décidé de ne plus se laisser “pomper” sans sourciller. Evidemment, en cas de copy/paste intégral, on peut comprendre qu’ils l’aient mauvaise (comme n’importe quel bloggeur râle quand il voit ses billets publiés in extenso ailleurs). Faire un lien vers sa source est donc au minimum nécessaire mais absolument pas suffisant.

Ceci dit, comme je l’ai indiqué à Jean-François Lauwens “Si les sites médias n’ont plus peur de demander de l’argent aux blogueurs qui les citent et dont ils sont la première source d’information, la question suivante sera d’obtenir que les médias, à leur tour, sourcent des articles de blogueurs” ….

;-)

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La republication d’infos via RSS au tribunal





Eric Dupin se retrouve assigné en justice pour les mêmes raisons que Wikio et Lespipoles … et c’est toute la notion de responsabilité éditoriale (des agrégateurs de masse comme du simple bloggeur qui fait un lien) qui est remise en cause.

“Je rêve non seulement d’une victoire (ça c’est pour ma pomme) mais surtout d’une grosse jurisprudence à la hauteur du buzz et du mouvement de solidarité que vous me témoignez, qui permettrait enfin aux éditeurs de sites d’agrégation de dormir sur leurs deux oreilles et aux procéduriers de tous poils d’y réfléchir à deux fois avant de lancer des procédures visant à baîllonner le web.”

De quelle manière prévenir et punir l’auteur d’une diffamation sur le web ? Faut-il appliquer la “responsabilité en cascade”, comme dans les médias classiques ? Qu’en est-il en Belgique, Scoopeo a-t-il déjà été confronté à une plainte de ce genre ?

Ca m’intéresserait bigrement d’en causer avec un spécialiste. Vous avez quelqu’un à me renseigner ?

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Entreprenautes et Web Reputation





Pour paraphraser François Von Shoobacka “Il y aurait plusieurs façons d’être con, mais le con choisit toujours la pire”.

Dernier exemple en date, l’assignation envoyée à François (Hellotipi) et Mathilde (Bagatelles) pour avoir eu l’outrecuidance d’utiliser un terme du dictionnaire pour qualifier leurs réunions mensuelles. “Entreprenaute” est en effet un nom commun (figurant au Petit Robert depuis 1999) mais ayant fait l’objet d’un dépôt de marque. Du coup, un zélé avocat s’est chargé de leur adresser la facture pour “utilisation abusive”: 15.000 euros (“le nom de domaine ne l’intéressant pas” dixit) et 15 jours pour passer à la caisse …

Là où la connerie devient tout un art, c’est quand une société spécialisée dans la défense de la réputation (marque ou individu) sur internet réclame à Jacques (Altaïde) qu’il linke automatiquement vers elle lorsqu’il utilise les termes “web réputation”, sous peine de panpanculcul. “Nous ne demandons naturellement pas la suppression de cette mention ; en contrepartie, nous souhaitons qu’un simple lien sur les mots “web reputation” soit codé en direction du site x…

“Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît”, dirait Shoobi.

Comme le souligne Joël Ronez, à l’heure où la notion même de “droit d’auteur” est en train de rendre l’âme, que des gus croient qu’il est encore possible de racketter les internautes en déposant des noms communs … frinchmin, comme on dit chez moi, y’a rire et rire.

On se consolera en gloussant gaiement du costard que la blogobule est en train de tailler à ces petits joueurs (et je reste poli, hein)

Cadeau bonux: le Grand Georges, qui a trouvé le meilleur titre qui soit

Brassens – ” quand on est con ”

Identificateurs Technorati :

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Daerden – Onkendaele, même combat





Comme le soulignent Prométhée, Jean-Yves et André Gillain (DH), le petit jeu du “Je tiens, on se tient par la barbichette, le premier qui met son nez dans mes magouilles verra les siennes exposées au grand jour” est à la mode en Belgistan.

Loin de n’être l’apanage que d’un seul parti (ça serait trop facile) ces pratiques oligarchiques politico-économico-familiales sont dignes d’aller compléter la page Wikipédia ad hoc. L’Etat est verrolé par le manque de normes et surtout de contrôles destinés à le protéger (et à travers lui les bièsses citoyens que nous sommes) de ceux qui l’exploitent à des fins strictement personnelles.

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Affaire(s) Lizin: suite et pas fin





A lire chez La Boulette (un blog nourri à bonnes sources, faites-lui une place dans votre agrégateur) qui revient judicieusement sur les tours et détours médiatico-politico-judiciaires de l””Affaire Lizin” (dont le dernier opus zwastikesque de mercredi) et conclut:

Dans son édito, le rédacteur en chef adjoint du Soir Luc Delfosse propose une piste qui mérite réflexion: ne faut-il pas limiter, par exemple à deux législatures, le titre de bourgmestre, afin d’éviter les potentats locaux. Poursuivant la réflexion initiée par ce vieux de la veille, ne faut-il pas aussi limiter les mandats de certains chefs de rédaction, en vue d’éviter les potentats médiatiques. Quand on balaye, c’est aussi devant sa porte.

De son coté, Thomas a tendu son téléphone-micro à Patrick Remacle, le journaliste de la RTBF qui a sorti l’info sur les employés communaux distributeurs de tracts pendant leurs heures de bureaux, et qui s’est pris depuis un procès aux fesses ad hominem de la part de la Matrone hutoise, bien décidée à vendre chèrement sa vielpô.

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Les Awards “Même pas peur” de la Ligue des Droits de l’Homme





C’était lundi la journée internationale des droits de l’Homme. Pour marquer le coup, la Ligue des droits de l’Homme a décidé de récompenser le meilleur du pire en matière d’actions et de mesures portant atteinte, en Belgique, à ce droit fondamental qu’est le respect de la vie privée.

La liste des nominés est ici.

Et ze winners zijn: (more…)

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België veroordeeld wegens inbreuk op persvrijheid (LVB.net)





La belgique a été condamnée pour non respect de la liberté de la presse par la Cour européenne de Justice dans une affaire de perquisitions menées chez Hans-Martin Tillack, un journaliste allemand qui couvre l’actu européenne. J’avais suivi partiellement ce dossier quand j’étais chez Belga … un beau sac de noeud

België veroordeeld wegens inbreuk op persvrijheid

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