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source: datapointed.net

#opendata: Lette Ouverte à Charles Michel et Paul Magnette


Publié le 3 février 2015 par Damien Van Achter


Pressformore – Open Data

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Roadtrip de « formation par l’action » pour les journalistes de La Montagne


Publié le 1 février 2015 par Damien Van Achter


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En me lançant dans ce genre d’aventures, j’avais conscience que j’ouvrais la porte à une nouvelle manière de raconter des histoires, mais j’ignorais à quel point ça allait changer la façon-même d’exercer mon métier. Je me trouve ici pile-poil à la frontière entre la formation, la production de contenus, la création d’évènements, le marketing, le lean start-up … C’est proprement fascinant !

Je me rends aussi compte petit à petit à quel point cette « Newsroom Mobile » va être une beta permanente. C’est ce qui me permet en fait de construire des dispositifs presque sur-mesure à chaque fois. C’est très artisanal, dans le bon sens du terme, puisque les attentes et les circonstances de chacune de ces missions sont toujours un peu différentes, même s’il y a un canvas de base realitivement identique. C’est très intéressant de bosser de cette manière, cela me force à être bon et à continuer à innover, à m’améliorer. Très pragmatiquement aussi, cela me permet de créer une forme de rareté, avec pour corolaire de tirer le jour/homme vers le haut …

Certes, il y a encore pas mal de choses qui doivent s’affiner mais je crois que, tout comme pour les masterclass en résidence, je commence à atteindre un niveau de « proposition de valeur » non négligeable, et de consolider ainsi une deuxième « patte à mon tabouret ». To be continued …

En résumé, les objectifs étaient :

 

-> Storytelling en mobilité (captation/diffusion sur smartphones/tablettes/laptops).

-> Engagement des audiences via les réseaux sociaux (synthèse entre terrain numérique et terrain physique).

-> Packaging des flux d’information via un dispositif interactif sur le site du media.

 

Premières conclusions:

 

1) Importance de la préparation en amont. Mise en place d’un backchannel (sur Slack), sorte de rédaction décentralisée, pour synchroniser la communication entre ceux qui sont dans le véhicule et les autres participants « à distance », tout au long du projet. Etablir des indicateurs de performance (pages vues ? nb de like/RT ? temps passé sur le site ? nombre de contacts établis ? qualité des cartouches emmagasinées pour l’avenir ? etc)

2) Créer un environnement propice à l’expérimentation. Ne pas forcer l’adoption de nouveaux outils, faire confiance aux affinités quant aux supports à explorer et offrir un espace pour prendre le risque de se planter. Insister sur la nécessité d’un nouvel état d’esprit lié à la logique des flux (et non plus des cycles). Nécessité de bien répartir les rôles afin de couvrir au mieux les différentes temporalités, exploiter le live, raconter le processus en train de se faire mais aussi garder des cartouches pour du « long » tout en évitant d’accumuler trop « marbre ».

3) Mise en place d’un dispositif à haute valeur ajoutée pour les utilisateurs. Recherche du meilleur rapport fond/forme et choix des supports en fonction du timing et des cibles visées. Importance d’avoir la main sur le template et le code afin de pouvoir modifier le design et offrir la meilleure expérience aux utilisateurs en fonction de l’actu traitée. Tenir le fil le plus tendu possible avec l’audience grâce au feedback sur les réseaux sociaux, adapter la « conduite » pour coller au mieux aux attentes et débriefer à chaud pour fermer très vite les portes qui mènent vers des culs-de-sac.

 

Consultez le dispositif complet sur le site de La Montagne (groupe Centre France)

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« Fostering creativity, entrepreneurship and mobility »


Publié le 14 janvier 2015 par Damien Van Achter




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Thibault Camus / AP

Contre l’obscurantisme, allumez des feux !


Publié le 11 janvier 2015 par Damien Van Achter

L’exercice de haute voltige dure maintenant depuis 5 jours, au rythme des images à la télé, des vidéos regardées en loucedé sur Youtube, des commentaires des copains à l’école et des conversations que nous pensions n’avoir qu’entre adultes, sauf que non.

Bienvenue dans la vraie vie, mes petites filles …

Jamais je n’aurais imaginé devoir leur expliquer à leur âge (10, 8 et 5 ans) ce qu’était un terroriste. Pas si tôt, pas comme ça. Pas juste après que « Saint-Nicolas n’existe pas ». Pas avec des journalistes-comme-papa qui finissent avec des balles dans la tête. Pas dans une ville-où-papa-travaille-parfois.

Mais il faut croire que ce n’est jamais le bon moment pour ça.

Nous avons fait avec nos mots et nos intuitions, en essayant de ne pas anticiper leur envie de savoir, de comprendre et de rationnaliser les comportements des acteurs de ce drôle de jeu de société. Et on se rassure en se disant que nous sommes sans doute quelques millions de parents à ne pas avoir reçu le mode d’emploi  « à n’ouvrir qu’en cas de connards qui butent des gens au nom d’Allah »…

Ne pas publier sous le coup de la colère.

Lire, lire, et lire encore. Ecouter et suivre les fils, ad nauseam. Sentir les larmes et la gerbe monter, mille fois. Parler peu, éviter le pathos comme la peste, prendre conscience que « les choses » ne seront sans doute plus jamais les mêmes, et qu’en même temps tant mieux, que tant qu’il y a du mouvement, il y a de la vie…

Ne pas tweeter un truc que je regretterai plus tard, ne pas facebooker quelque chose que mes students pourraient me mettre en face des yeux, éviter d’être pris en flagrant délit de « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». S’autoriser quelques retweets, parce qu’ils touchaient vraiment juste, et des liens vers ceux qui ont eu le talent de déjà coucher par écrit ce qui me brûle le ventre. Attendre surtout que le vacarme s’essoufle, que le bruit des bots se tasse, pour s’entendre à nouveau penser.


Evidemment, l’excitation du direct dans une rédac, l’adrénaline du « breaking news » permanent, le travail d’équipe sur le terrain et la sensation de participer à la couverture d’un « moment d’Histoire » m’ont certes un peu manqué. On ne se refait pas. Tout comme le 11 septembre 2001, j’ai vécu le 7 janvier 2015 en simple civil.

Avec juste un peu moins de naïveté quant à la nature humaine…

Ne pas se taire trop longtemps, non plus

Jeudi matin, les deux frères pétards sont encore dans la nature que je dois tenir le crachoir devant une trentaine de fonctionnaires européens. J’ai prévenu l’organisateur, pas certain que je sois vraiment en top forme, que mes slides risquent de défiler et moi de me défiler. Je renverse mon café sur mon clavier juste avant de commencer. Ca va chier.

Comme pressenti, les ventes de journaux qui se cassent la gueule et l’hégémonie des GAFA me gavent très vite. Toutes les deux phrases, je rajoute un « et ce que nous sommes train de vivre le démontre bien » ou encore un « à ce niveau-là, les derniers évènements vont forcément accélérer les choses ».

Je monte dans les tours, en mode thérapie contrôlée. Je lache du lest en appuyant sans doute encore un peu plus qu’à l’accoutumée sur mes ressort favoris. « Tous les pans de notre société sont impactés par le numérique. Tous nos systèmes vont devoir muter dans leur ADN, ou disparaître. N’attendez pas d’être hackés, anticipez ! » La discussion s’engage, sur un ton joyeux et déluré, interrompue seulement par la minute de silence règlementaire « en mémoire de », pendant laquelle je n’ai qu’une seule envie, éclater de rire et faire le pitre tant la situation me paraît cocasse. First Learn The Rules, Then Break Them. J’étais à deux doigts d’être Charlie, au moins une fois dans ma vie !

C’est donc un chouia rasséréné et sous une drache qui pisse comme Marie-Madeleine qui pleure sur les femmes infidèles que j’ai ensuite été communié avec mes pairs à la gallerie The Cartoonist, dans le centre de Bruxelles.



Je fais le malin avec mes jeux de mots mais j’en avais vraiment besoin. Entendre Bertrand chialer ce matin et Jérôme dire que « nous y serons » avait réveillé le reliquat de corporatisme qui sommeille encore en moi. J’avais juste envie de les voir, de sentir nos coudes se serrer. Et ce fut le cas. Et ce fut bon.

Aujourd’hui, je n’ai pas peur

Charlie Hebdo est le seul journal papier auquel je me sois jamais abonné. Depuis 2 ans, je le recevais tous les mois dans ma boite aux lettres. Et, croyez-moi ou pas, je ne lisais pas. Charlie ne me faisait plus rire depuis longtemps, mais pour tout ce qu’il représentait pour l’ado que j’avais été, pour l’adulte que je suis devenu et le journaliste entreprenant que j’essaye d’être, payer mon obole avait plein de sens.

24 heures après que Ducon, Ducon et Ducon ont pris chacun leur ration de plomb, je ne peux m’empêcher de penser que le cirque auquel nous avons assisté n’est rien à coté de la gigantesque foire des trônes à laquelle nous allons, de gré ou de force, participer dans les semaines, les mois voir les années qui arrivent. Et pas qu’en France. Alep a son quartier des Belges, aussi …

Je n’ai pas peur mais là je suis en colère, j’enrage, je vitupère devant le poste, j’argumente avec mes potes, je parle, je vis, je bois, je raconte des conneries, je suis fier de ne pas me laisser faire, je pense que je ne suis pas tout seul, donc je suis, un peu, Charlie, ou pas.

Etre libre, c’est aussi décider de s’en foutre un peu , beaucoup, ou pas du tout.


Plus que jamais, je suis convaincu que la meilleure manière de lutter contre l’obscurité, c’est d’allumer un maximum de petites loupiottes. Alors allez-y, boutez-vous le feu, montrez-nous de quel bois vous vous chauffez ! Et si je peux vous aider en quoi que ce soit dites-le, j’ai toujours un petit bidon d’essence sur moi.

Souffler sur les braises et apprendre aussi aux plus jeunes à ne pas se brûler, ou en tout cas à ne pas se faire trop mal. Alimenter nos flammes avec du bon air et de la matière première, mais respecter aussi la chandelle des voisins et ne pas jouer aux pompiers trop zélés.

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Refuser de retourner à l’âge de pierre, c’est aussi aussi éviter de prendre les vessies technologiques pour des lanternes magiques, mais n’imaginez pas une seule seconde que les individus interconnectés seront moins éclairés demain qu’au Siècle dernier, ça serait vous foutre le doigt profond dans le troisième oeil.

EDIT 13/01:


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En 2015, il y a ceux qui travaillent dans un média en bonne santé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses


Publié le 3 janvier 2015 par Damien Van Achter

Pour les journalistes, et ceux qui aspirent à gagner leur vie en travaillant « l’Information », créer de la valeur et justifier sa place de médiateur implique plus que jamais de s’inscrire dans un processus conversationnel où la publication n’est plus une fin en soi. Mais pas que.

En 2015, les entreprises de presse, peu importe leur taille, doivent accepter qu’elles sont désormais des entreprises technologiques, avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte. Je n’ai pas de baguette magique mais voici 10 pistes qui me semblent intéressantes à creuser pour parvenir à tirer parti de cette évolution aussi radicale qu’inéluctable.

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(citations et illustrations via Eric Scherer, sur Meta-Medias)


1) Travaillez en équipe. Trouvez-vous un binôme, un partenaire et faites comme Starsky et Hutch: Couvrez-vous l’un l’autre. A la vie à la mort ! Soyez complémentaires dans vos compétences, vos centres d’intérêt et pendant que l’un se rend physiquement sur un évènement, prend la température de ce qui se trame, shoote des photos « décalées » (càd pas celles über conventionnelles que tous les autres auront), chope de la vidéo (idem), tweete (idem), l’autre peut se charger de mettre en musique le tout, d’amplifier la circulation de votre produit, de nourrir les conversations et d’y intégrer les inputs des internautes.

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2) Trouvez-vous très vite un troisième laron, avec un bagage technique ou, mieux, commercial. Parce qu’il va bien falloir arrêter de vous planquer derrière votre carte de presse et vendre quelque chose pour payer vos factures fin du mois. « Etre indépendant » n’est pas un plan B quand on est journaliste ! Apprenez donc à jouer avec le business model canevas, à packager votre offre avec différentes temporalités et sur différents supports. Sortez des formats traditionnels (« la pige, c’est 50 euros bruts, à prendre ou à laisser ») et soyez force de proposition. Inversez le rapport de force avec les éditeurs, ils ont plus besoin de vous que vous d’eux. (really !) Quoi qu’il arrive, publiez tout ce que vous produisez, c’est votre meilleure carte de visite.

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3) Partagez et donnez à voir de vous tout ce qui permettra aux internautes de sentir de quel bois vous vous chauffez. Inscrivez-vous dans le réseau, soyez comme une synapse dans le grand cerveau mondial. Tout ce que vous ne partagerez pas, vous le perdrez. Et assumez une bonne fois pour toutes que si vous faites ce métier, c’est aussi parce que cela brosse votre égo dans le sens du poil, légèrement surdimensionné par rapport aux individus lambda. Vous verrez, ça fait un bien fou, votre psy vous félicitera, vous jouierez d’autant plus de vos succès que vous aurez appris à reconnaître vos échecs.

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4) Ouvrez vos contenus et faites en sorte qu’aucune barrière ne subsiste à leur propagation. Trackez-en l’usage et faites en sorte d’apprendre tous les jours un petit peu plus à qui vous vous adressez. Ils ne sont pas arrivés sur votre article par hasard. Plongez-vous dans Google Analytics et utilisez les mêmes outils que les publiciatires et les marketeux, ce n’est pas sale. (Vous croyez vraiment qu’eux se privent de raconter des histoires à leurs audiences ?!)

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Mettez-vous à la place de vos utilisateurs et réfléchissez à l’expérience que vous leur proposez, à commencer par celle en mobilité. Réappropriez-vous vos outils de productions et construisez votre propre petit « data center », c’est votre meilleure assurance vie.

Soyez un de ces pairs, dont la recommandation est l’un des phénomènes les plus puissant révélé par la « démocratisation de la diffusion« , ou changez de métier. Mais gardez en tête que chaque tweet peut être le dernier et que si vous souhaitez garder une partie de votre vie privée, ne la mettez tout simplement pas ligne.


5) Testez, expérimentez, bidouillez. Et recommencez. Mettez les mains dans le cambouis.Apprenez à coder. Non pas pour devenir développeur, mais pour être capable de traduire vos intentions journalistiques dans un langage compréhensible par un développeur, un graphiste, un designer. Ce sont eux qui leur donneront vie. Sans les poètes du code, votre journalisme restera au 20ème Siècle.


6) Ne faites pas comme si vous aviez la science infuse. Plus personne ne vous croit quand vous traitez le même jour 10 infos sur des secteurs complètement différents en prétendant avoir « fait le tour de la question ». Soignez votre karma. Rendez à César ce qui lui appartient. Faites des liens, embeddez des tweets, sourcez le blogeur qui a inspiré votre papier. Dites quand votre définition vient de wikipédia. Gagner la confiance des individus connectés ne se fait pas en un jour. Avouez vos limites, ouvrez la porte aux experts en ligne qui pourraient enrichir et augmenter votre travail. Faites-le de préférence en amont de sa diffusion. Et assumez le point de vue qui est le vôtre quand vous vous exprimez.

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7) Intéressez-vous à ce qui se passe près de chez vous, là où vous habitez. Votre boulangère, votre facteur ou votre plombier sont d’excellentes sources d’informations. Allez boire des coups au bistro du coin. C’est aussi ça le terrain (edit: Tx @ArnaudWery pour le lien). Et une opportunité stratégique parmi les plus intéressantes. Promenez-vous, dans les bois ou ailleurs.


8) Harcelez vos institutions publiques pour qu’elles mettent à votre disposition et à celle des internautes les données relatives à son fonctionnement. En tant que citoyen, vous avez le devoir de vous insurger contre leur utilisation exclusivement commerciale par des entreprises privées. En tant que journaliste, c’est une mine d’or pour traquer les dysfonctionnements et mettre en lumière les paradoxes de notre société.

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9) Soyez béton sur les faits, recoupez vos sources et respectez celles qui demandent à rester anonymes. C’est ce qui vous différenciera. Car pour tout le reste, le commentaire, l’analyse, la mise en contexte, la polémique, la critique … il ne faut pas être journaliste. Assurez-vous que le rapport signal-bruit est toujours en faveur de votre audience et posez-vous au moins une fois par mois la question qui tue: « Pourquoi suis-je média ?« 

10) Traitez les grands acteurs du numérique (Google-Amazon-Facebook-Apple) comme vous traitez les big Pharma. Tout comme prendre des médocs pour vous soigner ne doit pas vous empêcher de rester critique vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, utiliser les services/devices des GAFA ne doit pas vous mettre des oeillères et vous empêcher de faire votre métier. Accordez-vous le droit de militer pour un internet ouvert, neutre et accessible à tous. Full disclosez vos confilts d’intérêts potentiels, achetez vos gsm/tablette/laptop et payez vos datas au prix du marché, c’est le prix à payer pour votre indépendance.

gafa

Bonne année à tous !

Article initialement publié en décembre 2011 (sous le titre « Journalistes: trouvez votre Starsky ») et mis à jour le 3 janvier 2015.

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