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Pourquoi je me lève tous les matins ? 5 règles d’engagement


Publié le 31 mai 2016 par Damien Van Achter

En 2012, quand j’ai créé le lab.davanac, je n’imaginais pas un seul instant qu’un jour cette structure me servirait à autre chose qu’à m’offrir un salaire décent et à payer mes factures.

En Belgique, la précarité du statut d’indépendant force à la créativité et bénéficier d’un véhicule financier pour mes activités était déjà une belle réussite, moi qui avais démissionné (par choix, par dépit) de tous les CDI que j’avais eu la chance de décrocher, d’abord à l’Agence Belga, à la RTBF et ensuite chez Owni.

Aujourd’hui, à salaire inchangé depuis 2008, j’ai construit une boite qui dégage des bénéfices et paie donc des impôts, mais qui me permet surtout de vivre de ma passion pour l’expérimentation et l’accompagnement de projets qui ont un impact positif autour de moi. C’est une grande chance, dont je mesure chaque jour l’ampleur lorsque je me permets de dire “non” à des projets qui, tout bankable qu’ils pourraient être, ne rentrent pas dans la vision de ce que je considère être la raison d’être de ma société.

Un de mes grands bonheurs au cours des dernières années a été de faire “grimper” et d’associer une quantité non négligeable de talents aux projets que je portais ou auxquels d’autres talents m’avaient conviés, plus d’une fois d’ailleurs parce que je les avais eus comme étudiants (Aurélie, Benoit, Remi, Tim …) ou parce que la sérendipité m’avait fait croiser leurs chemins et que des opportunités s’étaient présentées, parfois en one shot, souvent en récurrent.

Bosser avec des gens qui ont le même état d’esprit que moi, la même envie d’entreprendre, de prendre le risque d‘être gratifié à la hauteur des nos investissements mutuels, en toute liberté, avec chacun sa propre autonomie. Quel pied !

Un mode de vie nomade, une certaine organisation dans le multitasking et un réseau de gens bienveillants autour de moi, à commencer par ma femme et mes enfants, m’ont permis de perfectionner mon approche du mode “travail”.

Rien n’est jamais acquis ad vitam, mais, à nouveau, j’ai la chance d’avoir des partenaires qui inscrivent leurs projets dans des visions particulièrement compatibles avec la mienne. Et je leur en suis particulièrement et chaleureusement reconnaissant.


Toutefois, depuis quelques mois, le nombre de projets auxquels je suis contraint de dire “non” augmente, et de manière très frustrante, pour des raisons que je ne maitrise pas. Comme tout le monde, je n’ai que 24h dans une journée, et comme tout le monde, il y a des compétences que je n’ai pas.

Que faire alors ? Je le redis, mon ambition n’a jamais été de créer “une grosse boite”, mais une structure à la mesure de mes intentions. Gagner beaucoup d’argent n’en fait pas partie, mais il en faut pour vivre, assurer ma capacité à monter des projets excitants tout en continuant à pouvoir dire “non”. Comment rester “raccord” entre mon discours, notamment celui que je tiens à mes étudiants, à mes enfants, à mes amis, et mes actes ?

Engager ? Le salariat constitue sans doute la forme de contrat de travail qui, à mes yeux, est la plus obsolète qui existe, d’autant plus en Belgique où son coût est absolument aberrant. Et puis le monde dans lequel nous vivons et encore plus celui qui s’annonce, rend la notion-même de “sécurité”, et notamment d’emploi, quasi caduque et presque fallacieuse d’un point de vue intellectuel.

La “réduction de l’insécurité” comme levier d’action politique est castratrice, liberticide et mène à poser des choix non plus guidés par l’autonomie et la confiance “par défaut”, mais par le contrôle et l’aversion du risque. Or, à mes yeux, cette mise en danger de soi, de ses certitudes et de sa zone de confort intellectuelle est le principal moteur de l’innovation et de la création de richesses, humaines et matérielles. Est-elle pour autant incompatible avec la notion de salariat ? J’y reviendrai plus bas.

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J’ai donc commencé par publier une offre de stage, à travers laquelle je proposais de me mettre au service d’un projet porté par un(e) stagiaire, et non l’inverse. Une manière aussi d’agir en concordance avec des valeurs, celle du “pay-it-forward”. Cette inversion de la proposition de valeur était pour moi cardinale, tant la nature-même des stages proposés aujourd’hui dans les entreprises vont à l’encontre du développement personnel des individus.

Supprimez les stagiaires dans les entreprises, et de presse en particulier, et grosso modo, plus aucune n’est capable d’assurer son workflow quotidien. En prenant ce contre pied, je voulais allumer une étincelle et voir comment en lui partageant mon oxygène j’allais permettre de la nourrir pour qu’elle grandisse, détachée de la préoccupation de devoir être rentable pour mon entreprise. J’ai été agréablement surpris de voir cette offre d’un autre genre avoir un écho particulier, notamment auprès de gens que j’estime et qui eux aussi travaillent en mode “libéré” (tx Duc et les gars d’Officience pour l’adaptation en anglais)

 

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J’ai reçu une trentaine de candidatures, toutes via les réseaux sociaux. La grande majorité de ces propositions n’étaient hélàs pas au diapason de mon intention. Formatées comme des offres de main d’oeuvre facile et non pas comme des demandes d’aide ou de conseils pour mener à bien des projets personnels complexes et ambitieux. Sans doute n’avais-je pas réussi à trouver les bons mots pour expliquer le “pourquoi” de ma démarche ni le “comment” elle allait s’opérationnaliser.

Une candidature toutefois, celle de Nadine, a retenu mon attention. Elle me tutoyait alors que l’on ne se connaissait pas, elle habitait en France, ce qui ouvrait la porte à une collaboration agile et à distance, et surtout elle a utilisé le bon .gif pour me convaincre: “J’attends de toi que tu m’aides à structurer ma démarche et à trouver les outils nécessaires pour mener à bien mon projet et compléter ma formation.” J’ai dis Banco.

A refaire, il y sans doute plein de petites choses que nous aurions faites différemment, mais dans l’ensemble j’ai vraiment été ravi de pouvoir accompagner Nadine dans son cheminement, qui l’amène aujourd’hui à travailler avec des ONG internationales, et à lancer une startup dans les échanges Nord-Sud avec l’Afrique.

Je n’ai perdu ni temps ni argent, et cette expérience, ajoutée à tant d’autres avec mes étudiants, m’a convaincu obstinément de continuer à creuser dans cette direction: “Comment continuer à empowerer les gens qui gravitent dans mon écosystème ?”, partant du principe que tout ce qui est bon pour eux serait bon pour moi, et que si je participe à ce qu’ils deviennent successful, le retour sur investissement viendrait tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre (et pas que financièrement, vous l’avez je l’espère compris).


Aujourd’hui, j’ai donc signé mon premier contrat en tant qu’employeur. Parce que j’ai croisé la route d’un bonhomme meilleur que moi, et que j’ai envie de lui accorder toute la confiance, l’autonomie et la sécurité nécessaire pour qu’il continue à l’être. Cela fait 4 ans que Skan, journaliste, comédien, musicien, arabophone polyglote, amoureux de la Grèce antique, des jolis mots et des belles épopées se forme au Motion Design et à l’animation graphique.

Depuis un bout de temps j’observais son boulot (sur Le Soir ou plus récemment sur une dataviz réalisée pour L’Obs) et après l’avoir entendu pitcher au Pecha Kucha de Mons, lors de la Semaine de la Créativité, je me suis dit que je pouvais peut-être l’aider à aller encore plus loin, que nous pouvions ensemble raconter de nouvelles histoires, leur donner du sens et rendre intelligible dans le langage d’aujourd’hui l’actualité du monde qui nous entoure.

C’est un pari, un peu comme au poker, je paie pour voir ce qu’il a dans son jeu. Mais la comparaison s’arrête là. Parce qu’à partir de maintenant, nos cartes vont s’additionner, constituer un “unfair advantage” que, seuls, nous aurions été incapables d’acquérir. A deux, nous avons commencé à dire “oui” à des projets auxquels j’étais contraint dire “non”, et c’est très très excitant.

A deux, nous allons quand même aussi devoir continuer à dire “non”, pour rester indépendants et autonomes. A deux, et peut-être demain à trois, quatre ou plus, nous allons continuer à expérimenter, à tester, à transmettre et à challenger les status quo.

Nous allons tenter de combiner nos talents et de les mettre au service d’individus, d’entreprises, d’organisations et d’institutions qui placent leurs utilisateurs au centre de leurs préoccupations.

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Skan est donc le 1er salarié du lab.davanac, avec un contrat en CDI. Celui-là-même que je trouvais obsolète et caduque, quelques lignes plus haut. J’ai fais ce choix parce que pour hacker les règles, il faut d’abord les comprendre.

Alors je vais apprendre ce que c’est d’être “patron”, même si je hais ce mot pour la verticalité qu’il induit dans les relations entre individus, même si mon intention n’est pas de diriger, mais de tenter de leader le pack, même si je dois lui donner un badge d’une porte qui n’existe pas.

Beaucoup de gens ont eu la gentillesse de me partager leurs connaissances et dernièrement, une conversation avec Eric Lardinois, qui dirige l’Ecole de la Créativité, nous avons abordé les des “nouveaux modes d’organisation”, tels quel présentés par Frédéric Laloux dans son bouquin.

Je suis convaincu des vertus de l’autonomie et de la responsabilité, de la transparence et de la confiance, et pas qu’au boulot. Mais quand il s’agit de partager ses “secret sauces”, les cartes visa ou le bilan comptable de son bébé, c’est une autre paire de manche. Un vieux reste de « pour vivre heureux, vivons cachés » judéo-chrétien.

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Alors je vais apprendre, from scratch ou presque, et je m’en réjouis.  Plus loin je pousserai cette démarche, plus nous serons consistants et cohérents dans le développement de nos projets, et plus nous donnerons peut-être envie à d’autres talents de nous rejoindre et de travailler avec nous.

Again, c’est un pari, sans aucune certitude quant à ce que nous trouvons au bout du process. Pas sûr d’ailleurs que le bout du chemin soit la partie la plus excitante du game…

J’ouvre aujourd’hui une nouvelle page de ma vie. Je flippe de ne pas être à la hauteur, de ne pas être capable de tenir mes promesses et de me crasher en plein vol. Mais c’est aussi ce qui me pousse à aller de l’avant, les yeux rivés sur le même horizon, en me disant que quoi qu’il advienne j’aurai appris, vécu et tenté d’incarner ce pourquoi je me lève tous les matins.

 

5 règles d’engagement

 

Pour nous aider à garder le cap et à décider des go et no go, comme je l’avais déjà fait au lancement de mon blog, en juin 2005, j’ai couché par écrit ce que je considère comme être la raison d’être et les valeurs du lab.davanac. Skan a d’ailleurs signé ce document, en addendum de son contrat.

Comme tout le reste, c’est un work in progress permanent et ces deux définitions vont devoir s’enrichir de guidelines plus complexes, avec le temps, si tout va bien, si Dieu le veut, Inch Allah.

Encore un tout grand merci à tout ceux qui m’ont permis d’être là où je suis aujourd’hui, à vous raconter ma vie, mes doutes et mes envies pour les années à venir. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, de vos conseils et de vos encouragements, j’en serai ravi et honoré :-)

ImpressionChacun organise son temps de travail comme il le souhaite, « but the job have to be done ». Pour y parvenir, chacun détermine les tâches, les techniques et les équipes avec lesquelles il travaille, avec pour objectif de délivrer le meilleur résultat possible pour nos clients et partenaires.

La confiance est une « feature by default”. Chacun est libre d’initier des nouveaux projets, à condition qu’ils correspondent à notre raison d’être et valeurs.

« We Are What We Share ». Tout ce qui est numérisé est potentiellement public. Tout ce qui est public est assumé personnellement, chacun en son nom propre, avec le support humain, technique et financier de l’entreprise.

« Transparency as a tool to help others« . Nous protégeons nos sources et nos outils de travail. Nous croyons en la certitude des faits et en la véracité des paroles. Nous vénérons l’humour et l'(auto)dérision. Mais nous ne sommes pas toujours bons en blague, pardon d’avance.

Nous prenons des risques, faisons et ferons encore des erreurs, le plus souvent possible, si possible pas deux fois les-mêmes. Nous assumons notre subjectivité et n’avons comme assurance-vie que la confiance que les individus “ que l’on appelait autrefois audience” nous portent, parce que c’est grâce nos conversations que nous co-créons. “Listen First, Then Listen More”. Nul n’est irremplaçable, mais chacun peut faire entendre son adresse ip.

La raison d’être du lab.davanac est d’expérimenter des solutions innovantes pour améliorer les systèmes médiatiques, éducatifs, culturels et politiques qui présentent des failles, de les documenter publiquement et d’empowerer les acteurs du changement.

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Nos valeurs sont l’honnêteté intellectuelle, la liberté et l’autonomie des individus, la bienveillance et l’empathie, la confiance et la transparence, la création de sens et le partage, dans une dynamique de « pay-it-forward »

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ADN du lab.davanac (au 1er juin 2016)

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Les commentaires, c’est de la merde (ou pas)


Publié le 18 mai 2016 par Damien Van Achter

Jennifer Brandel et Andrew Haeg racontent avoir posé des centaines de fois la même question («Que pensez-vous de vos lecteurs, auditeurs, téléspectateurs?») et selon eux la réponse généralement entendue est «assez troublante». «Une certaine culture journalistique alimente le dédain à l’égard des personnes que nous sommes censées servir, c’est-à-dire notre audience. […] Ce dédain va de l’expression d’une gêne légère à leur encontre à la haine pure et simple», écrivent-ils.

«Dans les deux tiers des réunions que j’ai eues avec des rédactions, il y avait quelqu’un pour dire (et la plupart du temps quelqu’un avec des responsabilités) que, “si nous donnions à notre audience ce qu’elle désire, elle nous demanderait de la merde” ou que “notre lectorat n’est pas très intelligent”», raconte Jennifer Brandel. L’un d’eux, responsable d’un média «très primé» selon elle, aurait même affirmé qu’il ne s’agissait que d’une bande «d’idiots et de trous du cul».

Pour l’avoir vécu et le vivre encore au quotidien, je ne peux que confirmer que cet état d’esprit est largement partagé dans les rédactions des médias qui, du jour au lendemain, on dit à leurs journalistes: “tes articles papier/chroniques radio ou tv vont être publiées sur le site internet, que cela vous plaise au non. Il faut occuper le terrain et être présent en ligne, en attendant que ça nous rapporte de l’argent et que ça paie votre salaire que la pub traditionnelle n’arrive plus à financer”.

Ces journalistes se sont alors retrouvés confronté” out of the blue” à une audience en ligne qui est passée de 0 à 100.000 lecteurs, voire plus, et à une interactivité, parfois brute de décoffrage, à laquelle ils n’étaient absolument pas préparés. Du coup, avec ou sans avoir essayé d’entendre et d’accepter la critique (dans tous les sens du terme), ils se bouchent le nez et “font avec”, puisque de toute manière ils ne sont pas payés plus cher. Les journalistes ne se reconnaissent pas dans cette audience, la co-construction de sens est impossible. Du coup, au mieux ils la nient au pire ils la conchient.

A l’inverse, pour les journalistes qui ont fait leurs armes “nativement” en ligne, de manière décentralisée, quand vous commencez à publier vos premières productions, chaque commentaire, chaque like sont perçus comme des grandes victoires, vous chérissez ceux qui vous font le plaisir de vous dire ce qu’ils pensent de votre boulot, vous leur répondez et vous commencez ainsi à vous construire votre propre réseau et réputation, progressivement, patiemment, en écoutant le feedback et en itérant un maximum, en osant chercher votre voix, celle qui vous rendra audible.

Les “lecteurs” sont ceux pour qui vous vous coupez en quatre, à qui vous essayez d’apporter le maximum d’infos et de mise en contexte, avec votre propre background, en assumant votre subjectivité. Parce que ce sont eux qui vous portent, à défaut de vous rémunérer, et vous faites le pari que si vous arrivez à intéresser suffisamment de gens, même sur une niche informationnelle, vous réussirez à attirer l’attention d’un média qui vous dira “on aime bien ce que tu fais, tu n’as pas envie de le faire chez nous ?” et qui avec un peu de chance, vous rémunèrera correctement parce qu’il aura compris la valeur de la communauté à laquelle vous vous adressez.

Dans un cas, vous travaillez pour un rédac chef et un conseil d’administration, dans l’autre, vous êtes au service des gens, parce que la relation de confiance que vous avez créée et que vous entretenez au quotidien est ce que vous avez de plus cher, votre meilleure assurance vie pour continuer à exercer votre métier, peu importe votre employeur . Le rapport de force s’inverse et vous tirez progressivement votre légitimité auprès de votre audience, avant d’acquérir éventuellement celle de vos pairs.

Après tout, si vous réussissez à contenter et à faire croître une audience en étant à son écoute, votre rédac chef sera heureux aussi, non ? L’inverse étant malheureusement beaucoup moins vrai. La preuve dans vos commentaires …

Deux mindset complètement différents, donc, qui s’entrechoquent et qui fait s’affronter deux visions du journalisme, exacerbées par les plateformes qui “ne vendent pas du contenu mais des expériences”, mais qui capitalisent sur les gazillons de textes, photos et vidéos générées par des utilisateurs qui se fichent de la carte de presse comme de leur premier selfie. Et ce qui fut valable dans les journaux papiers (rappelez-moi où se trouvait la section “commentaires” ?) vaudra aussi bientôt pour la télé, si elle n’arrive pas à se réinventer.

Les opportunités de création de contenus à haute valeur ajoutée, segmentés et réellement co-construits, n’ont jamais été aussi grandes. Et plus que jamais, les journalistes et les médias qui se nourrissent des conversations, et des data qu’elles génèrent, avec leurs audiences ont des raisons d’être optimistes.

Quant aux autres, ils ne parlent déjà plus à personne.

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Journaliste, dis-moi ton modèle économique, je te dirai qui tu es


Publié le 12 avril 2016 par Damien Van Achter

Billet invité sur Meta-medias.fr

Nous, journalistes, qui nous prétendons « indépendants », savons-nous seulement qui paie nos salaires et nos piges ? Assurément pas nos rédacteurs en chef, qui tout chefs qu’ils sont, ne président pas nos conseils d’administration. Qui sont donc les véritables pilotes de nos médias ?

Poser la question du « pourquoi », c’est poser la question du modèle économique. Et pour trouver un bon modèle aujourd’hui, il faut donner une plus-value perceptible pour le « end-user », le citoyen (l’aspect communauté, les commentaires, etc). Des exemples commencent à apparaître de médias qui, parce qu’ils adoptent des process semblables aux startups, trouvent leur modèle grâce ces end-users et aux conversations que les journalistes entretiennent avec eux, combinée à une forte diversification des revenus.

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Nicolas Noé, sur Flickr

Bienvenue en 2036. Vous êtes en Wallonie.


Publié le 4 mars 2016 par Damien Van Achter

Ceci est une uchronie. Un récit pas tout-à-fait vrai, donc, mais pas tout-à-fait faux non plus, dans un temps qui n’existe pas (ou pas encore).

Ce récit, fictif, sélectif et donc forcément subjectif, pas forcément souhaité non plus, a été élaboré par Michaël Van Cutsem, Jean-Yves Huwart et Damien Van Achter à l’occasion d’une journée de prospective sur le thème « Quels scénarios pour la Wallonie à l’horizon 2036 ?« , organisée par l’Institut Destrée à Namur, le 15 février 2016, à l’invitation de Philippe Destatte, son président, et à laquelle ont également participé une vingtaine d’autres « citoyens-experts ».

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Tihange kärnkraftverk, torn 1 (Maol, on Flickr)

2 février 2019. Suite aux plaintes répétées de plusieurs villes allemandes, luxembourgeoises et néerlandaises, l’Etat belge est condamné par l’Europe à mettre l’arrêt deux des trois réacteurs de la centrale nucléaire de Tihange, avec effet immédiat.

Le désaveu est cinglant, politiquement, et, techniquement, en raison des carences en matière de production énergétique et du risque trop important de déséquilibres commercial qu’entraîne l’importation d’une portion très substantielle d’électricité en provenance des pays voisins, la CWAPE, en collaboration avec le CREG fédérale, impose dès le lendemain de l’annonce du jugement, des délestages sur l’ensemble du réseau wallon.

Les Wallons, qui s’étaient habitués aux communiqués rassurants diffusés depuis 3 ans, vivent pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale sans électricité durant 2 heures par jour. Le choc est brutal.

Des équipes de CNN, Al Jazeera, CCTV ou encore Globo TV dépêchent des caméras à Huy et à Namur. Les blackouts quotidiens au milieu de l’Europe font la une des chaînes d’information continue et des grands médias en ligne à travers le monde. La Flandre, par la voix de Bart De Wever, se désolidarise publiquement du gouvernement fédéral et dénonce l’incompétence, pire, les compromissions, de ses ministres francophones en charge du dossier.

Poussés dans le dos par la vox populi du nord du pays, acculés par des sondages catastrophiques faisant des nationalistes flamands et de l’extrême gauche wallonne les grands vainqueurs des prochaines élections, les trois partis de la majorité démissionnent et le gouvernement fédéral se retrouve en affaires courantes pour une nouvelle période de 150 jours.

Black out énergétique. Black out logistique. Vide politique.

 

La perception de “Belgium, failed state” se renforce et la réputation internationale de la Wallonie et de sa classe politique se retrouve gravement et durablement entachée. Les administrations wallonnes sont dans l’impossibilité technique de réagir et les quatre partis traditionnels, pour sauver la face et ce qui leur reste de crédibilité, se retrouvent contraints d’envisager une liste d’union régionale. La tension au sein des états-majors des partis atteint son paroxysme et les médias, qui ont enchainé les directs et les émissions spéciales durant des mois, ne trouvent plus aucun interlocuteur qui accepte d’endosser la responsabilité de s’exprimer publiquement sur le sujet.

Dans la société civile, cette situation marque une rupture. Une mobilisation sans précédant a lieu, notamment via les réseaux sociaux. Différentes plate-formes activent désormais localement les énergies et les ressources venant directement des citoyens, convaincus qu’ils n’ont plus rien à attendre à court terme des autorités politiques.

Les premiers à réagir: les étudiants.

 

Lassés des restrictions budgétaires imposées aux écoles secondaires et supérieures depuis le début des années 2010 – les comptes de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont tellement dans le rouge que les budgets de l’éducation ont été divisés par deux – ils décident d’occuper les locaux les moins vétustes, tous réseaux confondus, et annoncent la mise en ligne d’un nombre impressionnant de cours en ligne, en mobilisant des dizaines de profs volontaires, qui ont fait secession, en s’appuyant sur l’aide de la communauté des développeurs et des entrepreneurs dits » sociaux », comme WeShare ou MakeSense, qui se sont massivement rallié à leur mouvement.

Val Benoit Campus

Université Val Benoit. credit: Nick dessauvages, on Flickr

L’inadéquation de formations dispensées par un grand nombre d’institutions de l’enseignement supérieur par rapport aux besoins en perpétuelle évolution des entreprises et startups entraine, dès la rentrée 2020, une forte baisse du nombre des inscriptions dans les institutions qui sont restées alignées avec “l’ancienne école”. Puisque, dans de nombreux secteurs, le diplôme n’a plus de valeur réelle pour un nombre croissant d’employeurs, qui ne se fient qu’aux expériences de terrain, les promoteurs des MOOCs (format de cours filmé) mis en ligne durant l’été sollicitent, et obtiennent, du secteur privé des budgets de développement en échange de stages et de projets de R&D dictés par les besoins des entreprises.

Des étudiants finlandais, dont le voyage et le séjour en Wallonie ont été crowdfundés par différentes campagnes menées tambours battant sur les campus, notamment durant la diffusion des matchs de la Coupe d’Europe de football, diffusent progressivement de nouvelles méthodologies d’apprentissages, inspirées du modèle d’Aalto.

En moins de deux ans, deux tiers des Hautes Ecoles ferment. Les autres se contentent de relayer et d’adapter des MOOC en espagnol, en anglais, en chinois. Certains de ces MOOC sont co-produits en collaboration avec des institutions en Malaisie et en Colombie. Une petite minorité d’institutions qui se sont spécialisées assez tôt et ont su mettre en place des révisions constantes de leurs programmes pour s’adapter à l’évolution technologique et des connaissances, ont réussi à se maintenir et à devenir des références internationales.

Taxi?

credit: Beverley Goodwin, on Flickr

Dans le même temps, le nombre moyen de véhicule passe de 1,5 par ménage à un véhicule pour trois ou quatre familles. La simplification apportées par les applications de co-voiturage, de location de véhicules, de mutualisation des outils de transports, jointes au développement rapide des voitures sans conducteur, plus efficientes d’un point de vue énergétique, a considérablement réduit la demande.

Une offre conjointe entre Uber … et la TEC.

 

Afin de préserver l’emploi, et malgré l’avis contraire des syndicats, les Transports En Commun wallons proposent désormais une offre conjointe avec UBER. Les voitures de société deviennent des voitures de société partagées, gérées par Google, qui paye une redevance en remplacement de la taxe de mise en circulation, qui est supprimée. Le blocage de Bruxelles par les taxis pendant une semaine a confirmé les utilisateurs de véhicules partagés dans leurs options de déplacements. Les tunnels fermés depuis 18 mois sont devenus d’immenses zones de délestage des véhicules surnuméraires.

Les accidents diminuent fortement et les compagnies d’assurance perdent une partie importante de leur marché vache-à-lait, entrainant dans leur chute les institutions bancaires qui n’ont pas pu anticiper l’arrivée des logiciels d’intelligence artificielle, qui réalisent désormais des performances meilleures en termes de gestion de portefeuille de risque et de prêts que les comités de crédits composés de banquiers seniors.

credit: Ballookey Klugeypop, on Flickr

La population des cadres dans les institutions financières est frappée de plein fouet par des licenciements, tandis que les prêts entre particuliers explosent, devenant progressivement la norme pour le financement des activités des PME et TPME, atteignant même 95 % des financements pour les artisans et les indépendants. La destruction d’emplois reste toutefois très importante, car tous les secteurs sont touchés par cette accélération techonologique qui voit les robots remplacer de plus en plus la main d’oeuvre humaine.

Autre secteur fortement impacté par le numérique, celui de la Santé. La Sécurité sociale, autrefois considéré comme le dernier lien de solidarité entre le Nord et le Sud du pays, devient un vecteur de croissance important, notamment grâce au co-living intergénérationnel. Des maisons médicales virtuelles se déploient dans chaque commune, avec prise d’échantillon robotisées et analyse en temps réel, émission d’ordonnances dont la véracité est prouvée grâce à leurs inscriptions dans une blockchain dédiée. L’envoi des médicaments se fait désormais par par drônes.

#BoSo14 ► SLOW MAGIC (..) ► FORMA X (B) ► LUCRECIA DALT (CO)

credit: Beautés Soniques, on Flickr

Nous sommes en 2036, la Région Wallonne et la Fédération Wallonie Bruxelles ont été fusionnées. Les assemblées citoyennes participatives, s’inspirant des initiatives telles que #Mavoix, LaPrimaire et La Transition mises en évidence par le film « Demain » élisent désormais 50 représentants volontaires pour une période de 3 ans maximum, non renouvelable.

La première loi à être votée selon la nouvelle règle du 75/25 (75% des voix venant des consultations directes, 25% des administrateurs des institutions publiques), fixe l’instauration d’une allocation universelle de 1.200 euros par mois et par individu, dès l’âge de 18 ans, et à perpétuité.

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10 leçons d’une 1ère captation télé, à 360 degrés


Publié le 24 janvier 2016 par Damien Van Achter

Retour sur un 1er test grandeur nature mené mardi dernier avec les équipes de la télévision régionale « MaTélé », qui couvre l’actualité d’une quizaine de communes dans le sud de la province de Namur, en Belgique.

Journée de test de captation à 360 degrés, avec les équipes de la télévision locale MaTélé – Spherical Image – RICOH THETA

En tant que journalistes, créateurs de contenus et d’une manière générale en tant que professionnels de la communication, la démocratisation des caméras à 360° grand public (type Giroptic ou Ricoh Theta S ) et celle des casques de réalité virtuelle (type Oculus Rift, Gear VR ou encore les plus abordables Cardboard et Homido) permettent désormais d’imaginer de nouveaux dispositifs de narration à destination du grand public.

« 1 utilisateur = 1 réalisateur »

Parmi d’autres, le New York Times et la chaîne ABC se sont déjà lancés dans la production de véritables petits bijous d’immersion, notamment dans la réalité des migrants, avec « The Displaced » ou du quotidien de la vie en Corée du Nord (« Inside Noth Korea« ), aidées par des boites de production, comme Jaunt, qui se sont littéralement spécialisées dans la production de ces contenus à la grammaire tout-à-fait particulière.Le New York Times a d’ailleurs distribué 1 million de cardboards à ses abonnés, question d’accélérer l’appropriation du device par les utilisateurs.

« Virtual Reality Lets You Live the News Instead of Reading It«  (Gizmodo)

Les pionniers, comme Nonny de la Peña, sont aujourd’hui rejoints par d’autres rédactions, et le prestigieux festival indépendant de Sundance a annoncé un lineup avec près de 30 expériences immersives en compétition pour son édition 2016.

Tout change en effet, la manière de filmer, la façon de construire un récit, la place du narrateur, la coordination des équipes techniques, le véritable challenge étant de réussir à offrir aux utilisateurs la meilleure expérience possible, sachant que désormais ce sont eux qui ont la main sur l’angle de vue, qu’ils sont les propres réalisateurs de leur visionnage.

We Watched A Live NBA Game In Virtual Reality And Have Seen The Future – SportTechie

Equipé d’un casque de réalité virtuelle, vous êtes plongés au coeur de l’action et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette activité vous fait littéralement tourner la tête. Sans le casque, mais avec votre souris ou votre doigt, vous naviguez également dans l’image et plongez au coeur de l’action.

Et inutile de vous faire un dessin de ce que l’industrie du porno est en train de développer comme immersions, avec dans son sillage celle du jeux vidéo (celle qui promet d’ailleurs d’être la porte d’entrée pour équiper le grand public), du sport (la NBA en tête) ainsi que la tripotée d’agences de communication de tous poils, flairant le bon créneau pour embarquer leurs clients et leurs marques dans de véritables épopées ou toutes les extravagances seront permises.

« By the end of 2016, there could be 12.2 million headsets in US homes. (CNBC).

Bref, nous ne sommes qu’au tout début d’un nouveau cycle pour la production audiovisuelle et l’un des enjeux, à ce stade, est de pouvoir identifier au plus vite les culs-de-sac, les non-sens, les effets de mode et de bords, les contraintes cachées et les voie sans issue, afin de ne pas perdre trop de temps, d’énergie et de ressources, de repérer les bonnes pratiques et d’itérer rapidement sur base du feedback des utilisateurs. En deux mots: d’expérimenter et d’innover.

« Regarde un peu sa tête quand l’autre lui répond ! »

C’est dans ce contexte que nous avons profité d’un débat avec quelques « bons clients » de la scène politique locale wallonne, comme Richard Fourneaux le sémillant bourgmestre de Dinant, pour tester un dispositif de captation simple, dans un décor de télévision classique, sans autre prétention que d’essayer de comprendre pourquoi et comment ce processus de captation à 360° pouvait s’avérer utile.

Débat Dinant« Taisez-vous, mais taisez-vous! » Voici un petit aperçu du débat de ce soir à Dinant. Attention: vous pouvez « tourner la caméra » pour une expérience encore plus originale. On vous explique tout de cette expérience de vidéo 360° ici ==> http://matele.be/dinant-vos-elus-comme-vous-ne-les-avez-jamais-vus

Posted by MAtélé L’autre Télévision on Friday, January 22, 2016

A chaud, avant un debriefing plus complet avec les équipes de MaTélé, voici ce que j’ai retenu de ce test.

    1. Le Ricoh Theta S , c’est 8 gigas de mémoire et une batterie qui annonce environ 40 minutes d’enregistrement en 1920X1080. A l’usage, on est plutôt sur 25 minutes, pour un fichier de 1,65Go, avant un arrêt semble-t-il automatique. J’ai répété l’opération, en ayant pris soin de désactiver la mise en veille, avec le même résultat. à creuser…
    2. Faites gaffe aux néons en arrière plan qui créent un flickering non visible à l’oeil nu, mais bien présent sur les images enregistrées. C’est un phénomène assez courant (comme quand vous filmez un écran d’ordi ou de télé). Un plugin est dispo (149$) pour rectifier ça au montage, sur Avid et Premiere.
    3. Le son est très important. Même si le Theta S dispose d’un micro intégré, nous avions choisi d’utiliser le son de la captation télé pour le montage 360.
    4. Une fois l’image « applatie », via l’application Ricoh, le montage se fait de manière traditionnelle. L’ajout des sous-titres apporte un plus et se fait assez simplement.
    5. L’export se fait lui aussi classiquement, sans oublier d’injecter les metadata 360°, via l’appli dédiée de Youtube. L’upload se fait ensuite normalement, aussi bien sur Youtube que sur Facebook, qui détectent tous les deux la 360.
    6. La qualité du transcodage sur Facebook et Youtube est assez décevante, même quand l’export du montage est de très bonne qualité. Alors que l’upload directement depuis l’application Theta sur mobile semble bien meilleur. à creuser …
    7. La disposition du plateau, la distance des invités par rapport à la caméra, le choix du placement de la caméra, l’éclairage …. tout est à réinventer si l’on veut vraiment placer l’utilsateur au centre de l’expérience, le « mettre à table » avec les autres invités, lui « donner la main » sur la caméra et l’embarquer dans un récit avec une vraie valeur ajoutée.
    8. Globalement, le potentiel est assez génial, même pour un média local. Testée sur un drone, la vidéo à 360° offre encore un niveau supplémentaire d’immersion, tout près de chez nous, là où les choses se passent, à condition de régler les problèmes de stabilité.

 

Drone DJI Inspire 1 + Caméra 360 Ricoh Theta SEdition dans iMovieFallait bien que je teste hein :-)Il faut encore que je trouve une manière de bien fixer la caméra parce que là ça shake vraiment beaucoup, et de pouvoir virer le blind spot tout en bas. A mon avis, c’est parce qu’iMovie ne repère pas que la vidéo a été shootée « tête à l’envers »

Posted by Damien Van Achter on Saturday, January 16, 2016

 

 

  • Les metadata vont être un enjeu crucial. Comment « augmenter » encore la qualité et la richesse de ces vidéos, en y rajoutant une surcouche de points « clignables » (dans les casques) ou cliquable ? Comment susciter encore plus d’engagement des utilisateurs vis-à-vis de l’histoire, des objets, des produits, et bien évidemment des individus qui participent à ce storytelling ? Comment collecter et analyser le feedback, via l’eye-tracking (les casques vont doute à terme disparaître, pour être remplacés par des lunettes, ou simplement une lentille), les sensors ou voire même via les combinaisons ?
  • Certains livres de science-fiction des années 70-80 sont de véritables bibles pour les afficinados de la réalité virtuelle et augmentée. La sélection ci-dessous est signée par Aurélien Fache, qui partage également les bons liens de sa veille dans la newsroom « ouverte » où, avec mes étudiants, nous échangeons, discutons, et essayons de faire avancer le schmilblick .

 

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Putain, 10 ans !


Publié le 6 juin 2015 par Damien Van Achter

10 ans10 ans. 3000 billets, 600 podcasts, à la grosse louche. Un nombre gargantuesque d’heures à veiller, bidouiller et produire. Lire pour apprendre, partager pour comprendre, faire pour avoir un impact et, pas qu’accessoirement, payer les factures.

L’enthousiasme des découvertes et des rencontres, tout sauf virtuelles, ce « gut feeling » de ne pas être tout seul à oser, parfois, rêver en quadrichromie et cette vertigineuse descente de speed quand la sauce ne prend pas. Le risque de donner à voir le processus en train de se faire et ce perpétuel exercice d’équilibriste entre se raconter et se la raconter. Le choix des mots.

10 ans à faire confiance « par défaut », à tirer le fil des conversations en essayant présomptueusement d’y apporter un peu de sens, à jouer le connecteur, les yeux rivés sur le même horizon en prenant plaisir à digresser, à créer des aspérités, à lancer des bouteilles à la mer, à ne rien attendre des autres que le respect mutuel de nos erreurs assumées, et la joyeuse connivence des signaux faibles échangés quand, enfin, la sauce prend. 10 ans à jeter les bases d’au moins les 10 suivantes.

10 ans pendant lesquels le monde a basculé cul par dessus tête en découvrant les forces et les dangers de la Singularité qui vient. Et qui n’a pas fini de s’accélérer. 10 ans à s’approprier des outils, à en transmettre l’usage. Et derrière les usages, les intentions qui les guident. Le bonheur de voir éclore une nouvelle génération, d’insuffler et d’inspirer, un peu, de continuer à challenger le status quo et certaines règles numériquement antédiluviennes, beaucoup.

Merci à vous pour votre bienveillance, pour nos échanges, nos trollages et moult tirages de plans sur la comète, pour la concrétisation de quelques uns parmi les plus excitants, aussi.

Pour les 10 ans qui viennent, continuez à me rattraper quand je dirai des conneries, à me challenger quand la proposition de valeur se fera fadasse et, quoi que je fasse, à me souvenir vaille que vaille, des premières lignes posées ici il y a 10 ans.

Et pour le reste, advienne que pourra, Inch’ Allah, Youpee !

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Meetup: « The Startups & The Press » (LeWagon Brussels)


Publié le 1 mai 2015 par Damien Van Achter

Thanks to Anne Collet, managing partner at Le Wagon Brussels, and Charlotte Deprez, I’ve been invited to moderate a great panel of PR & Press professionnals on Thursday April 30th, at the CO.STATION in Brussels.

Le Wagon wants to make these young talents become actors of this « tech » innovation. We design hands-on programs to teach them web development and get them job-ready with these new powers.

It’s always a pleasure to meet and share with the coders community, the true internet’ s poets. Topic of the day was right in the middle of two of my favorites occupations: helping startups growing and building trust with the audiences, tanks to meaningfull conversations.

00:00: Intro, by Anne Collet.

07:35: Conference: The Startups & The Press

• Saar Dietvorst, Content strategist at Contentcats —@SaarDietvorst

• Alexis Safarikas, co-founder & CMO at ListMinut —@AlexiSafarikas

• Frederik Tibau, journalist for Datanews — @frederiktibau

• Patrick Van Waeyenberge, co-founder at Newsmonkey —@Patteks

This meetup was broadcasted live on NEST’up On Air. Check out our Podcast and follow us on Twitter and Facebook for updates !

NEST'up Demo Day 2015

Don’t forget to book your seat for the NEST’up Spring 2015 Demo Day, only few tickets available !

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