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« Fostering creativity, entrepreneurship and mobility »


Publié le 14 janvier 2015 par Damien Van Achter




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Thibault Camus / AP

Contre l’obscurantisme, allumez des feux !


Publié le 11 janvier 2015 par Damien Van Achter

L’exercice de haute voltige dure maintenant depuis 5 jours, au rythme des images à la télé, des vidéos regardées en loucedé sur Youtube, des commentaires des copains à l’école et des conversations que nous pensions n’avoir qu’entre adultes, sauf que non.

Bienvenue dans la vraie vie, mes petites filles …

Jamais je n’aurais imaginé devoir leur expliquer à leur âge (10, 8 et 5 ans) ce qu’était un terroriste. Pas si tôt, pas comme ça. Pas juste après que « Saint-Nicolas n’existe pas ». Pas avec des journalistes-comme-papa qui finissent avec des balles dans la tête. Pas dans une ville-où-papa-travaille-parfois.

Mais il faut croire que ce n’est jamais le bon moment pour ça.

Nous avons fait avec nos mots et nos intuitions, en essayant de ne pas anticiper leur envie de savoir, de comprendre et de rationnaliser les comportements des acteurs de ce drôle de jeu de société. Et on se rassure en se disant que nous sommes sans doute quelques millions de parents à ne pas avoir reçu le mode d’emploi  « à n’ouvrir qu’en cas de connards qui butent des gens au nom d’Allah »…

Ne pas publier sous le coup de la colère.

Lire, lire, et lire encore. Ecouter et suivre les fils, ad nauseam. Sentir les larmes et la gerbe monter, mille fois. Parler peu, éviter le pathos comme la peste, prendre conscience que « les choses » ne seront sans doute plus jamais les mêmes, et qu’en même temps tant mieux, que tant qu’il y a du mouvement, il y a de la vie…

Ne pas tweeter un truc que je regretterai plus tard, ne pas facebooker quelque chose que mes students pourraient me mettre en face des yeux, éviter d’être pris en flagrant délit de « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». S’autoriser quelques retweets, parce qu’ils touchaient vraiment juste, et des liens vers ceux qui ont eu le talent de déjà coucher par écrit ce qui me brûle le ventre. Attendre surtout que le vacarme s’essoufle, que le bruit des bots se tasse, pour s’entendre à nouveau penser.


Evidemment, l’excitation du direct dans une rédac, l’adrénaline du « breaking news » permanent, le travail d’équipe sur le terrain et la sensation de participer à la couverture d’un « moment d’Histoire » m’ont certes un peu manqué. On ne se refait pas. Tout comme le 11 septembre 2001, j’ai vécu le 7 janvier 2015 en simple civil.

Avec juste un peu moins de naïveté quant à la nature humaine…

Ne pas se taire trop longtemps, non plus

Jeudi matin, les deux frères pétards sont encore dans la nature que je dois tenir le crachoir devant une trentaine de fonctionnaires européens. J’ai prévenu l’organisateur, pas certain que je sois vraiment en top forme, que mes slides risquent de défiler et moi de me défiler. Je renverse mon café sur mon clavier juste avant de commencer. Ca va chier.

Comme pressenti, les ventes de journaux qui se cassent la gueule et l’hégémonie des GAFA me gavent très vite. Toutes les deux phrases, je rajoute un « et ce que nous sommes train de vivre le démontre bien » ou encore un « à ce niveau-là, les derniers évènements vont forcément accélérer les choses ».

Je monte dans les tours, en mode thérapie contrôlée. Je lache du lest en appuyant sans doute encore un peu plus qu’à l’accoutumée sur mes ressort favoris. « Tous les pans de notre société sont impactés par le numérique. Tous nos systèmes vont devoir muter dans leur ADN, ou disparaître. N’attendez pas d’être hackés, anticipez ! » La discussion s’engage, sur un ton joyeux et déluré, interrompue seulement par la minute de silence règlementaire « en mémoire de », pendant laquelle je n’ai qu’une seule envie, éclater de rire et faire le pitre tant la situation me paraît cocasse. First Learn The Rules, Then Break Them. J’étais à deux doigts d’être Charlie, au moins une fois dans ma vie !

C’est donc un chouia rasséréné et sous une drache qui pisse comme Marie-Madeleine qui pleure sur les femmes infidèles que j’ai ensuite été communié avec mes pairs à la gallerie The Cartoonist, dans le centre de Bruxelles.



Je fais le malin avec mes jeux de mots mais j’en avais vraiment besoin. Entendre Bertrand chialer ce matin et Jérôme dire que « nous y serons » avait réveillé le reliquat de corporatisme qui sommeille encore en moi. J’avais juste envie de les voir, de sentir nos coudes se serrer. Et ce fut le cas. Et ce fut bon.

Aujourd’hui, je n’ai pas peur

Charlie Hebdo est le seul journal papier auquel je me sois jamais abonné. Depuis 2 ans, je le recevais tous les mois dans ma boite aux lettres. Et, croyez-moi ou pas, je ne lisais pas. Charlie ne me faisait plus rire depuis longtemps, mais pour tout ce qu’il représentait pour l’ado que j’avais été, pour l’adulte que je suis devenu et le journaliste entreprenant que j’essaye d’être, payer mon obole avait plein de sens.

24 heures après que Ducon, Ducon et Ducon ont pris chacun leur ration de plomb, je ne peux m’empêcher de penser que le cirque auquel nous avons assisté n’est rien à coté de la gigantesque foire des trônes à laquelle nous allons, de gré ou de force, participer dans les semaines, les mois voir les années qui arrivent. Et pas qu’en France. Alep a son quartier des Belges, aussi …

Je n’ai pas peur mais là je suis en colère, j’enrage, je vitupère devant le poste, j’argumente avec mes potes, je parle, je vis, je bois, je raconte des conneries, je suis fier de ne pas me laisser faire, je pense que je ne suis pas tout seul, donc je suis, un peu, Charlie, ou pas.

Etre libre, c’est aussi décider de s’en foutre un peu , beaucoup, ou pas du tout.


Plus que jamais, je suis convaincu que la meilleure manière de lutter contre l’obscurité, c’est d’allumer un maximum de petites loupiottes. Alors allez-y, boutez-vous le feu, montrez-nous de quel bois vous vous chauffez ! Et si je peux vous aider en quoi que ce soit dites-le, j’ai toujours un petit bidon d’essence sur moi.

Souffler sur les braises et apprendre aussi aux plus jeunes à ne pas se brûler, ou en tout cas à ne pas se faire trop mal. Alimenter nos flammes avec du bon air et de la matière première, mais respecter aussi la chandelle des voisins et ne pas jouer aux pompiers trop zélés.

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Refuser de retourner à l’âge de pierre, c’est aussi aussi éviter de prendre les vessies technologiques pour des lanternes magiques, mais n’imaginez pas une seule seconde que les individus interconnectés seront moins éclairés demain qu’au Siècle dernier, ça serait vous foutre le doigt profond dans le troisième oeil.

EDIT 13/01:


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En 2015, il y a ceux qui travaillent dans un média en bonne santé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses


Publié le 3 janvier 2015 par Damien Van Achter

Pour les journalistes, et ceux qui aspirent à gagner leur vie en travaillant « l’Information », créer de la valeur et justifier sa place de médiateur implique plus que jamais de s’inscrire dans un processus conversationnel où la publication n’est plus une fin en soi. Mais pas que.

En 2015, les entreprises de presse, peu importe leur taille, doivent accepter qu’elles sont désormais des entreprises technologiques, avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte. Je n’ai pas de baguette magique mais voici 10 pistes qui me semblent intéressantes à creuser pour parvenir à tirer parti de cette évolution aussi radicale qu’inéluctable.

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(citations et illustrations via Eric Scherer, sur Meta-Medias)


1) Travaillez en équipe. Trouvez-vous un binôme, un partenaire et faites comme Starsky et Hutch: Couvrez-vous l’un l’autre. A la vie à la mort ! Soyez complémentaires dans vos compétences, vos centres d’intérêt et pendant que l’un se rend physiquement sur un évènement, prend la température de ce qui se trame, shoote des photos « décalées » (càd pas celles über conventionnelles que tous les autres auront), chope de la vidéo (idem), tweete (idem), l’autre peut se charger de mettre en musique le tout, d’amplifier la circulation de votre produit, de nourrir les conversations et d’y intégrer les inputs des internautes.

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2) Trouvez-vous très vite un troisième laron, avec un bagage technique ou, mieux, commercial. Parce qu’il va bien falloir arrêter de vous planquer derrière votre carte de presse et vendre quelque chose pour payer vos factures fin du mois. « Etre indépendant » n’est pas un plan B quand on est journaliste ! Apprenez donc à jouer avec le business model canevas, à packager votre offre avec différentes temporalités et sur différents supports. Sortez des formats traditionnels (« la pige, c’est 50 euros bruts, à prendre ou à laisser ») et soyez force de proposition. Inversez le rapport de force avec les éditeurs, ils ont plus besoin de vous que vous d’eux. (really !) Quoi qu’il arrive, publiez tout ce que vous produisez, c’est votre meilleure carte de visite.

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3) Partagez et donnez à voir de vous tout ce qui permettra aux internautes de sentir de quel bois vous vous chauffez. Inscrivez-vous dans le réseau, soyez comme une synapse dans le grand cerveau mondial. Tout ce que vous ne partagerez pas, vous le perdrez. Et assumez une bonne fois pour toutes que si vous faites ce métier, c’est aussi parce que cela brosse votre égo dans le sens du poil, légèrement surdimensionné par rapport aux individus lambda. Vous verrez, ça fait un bien fou, votre psy vous félicitera, vous jouierez d’autant plus de vos succès que vous aurez appris à reconnaître vos échecs.

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4) Ouvrez vos contenus et faites en sorte qu’aucune barrière ne subsiste à leur propagation. Trackez-en l’usage et faites en sorte d’apprendre tous les jours un petit peu plus à qui vous vous adressez. Ils ne sont pas arrivés sur votre article par hasard. Plongez-vous dans Google Analytics et utilisez les mêmes outils que les publiciatires et les marketeux, ce n’est pas sale. (Vous croyez vraiment qu’eux se privent de raconter des histoires à leurs audiences ?!)

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Mettez-vous à la place de vos utilisateurs et réfléchissez à l’expérience que vous leur proposez, à commencer par celle en mobilité. Réappropriez-vous vos outils de productions et construisez votre propre petit « data center », c’est votre meilleure assurance vie.

Soyez un de ces pairs, dont la recommandation est l’un des phénomènes les plus puissant révélé par la « démocratisation de la diffusion« , ou changez de métier. Mais gardez en tête que chaque tweet peut être le dernier et que si vous souhaitez garder une partie de votre vie privée, ne la mettez tout simplement pas ligne.


5) Testez, expérimentez, bidouillez. Et recommencez. Mettez les mains dans le cambouis.Apprenez à coder. Non pas pour devenir développeur, mais pour être capable de traduire vos intentions journalistiques dans un langage compréhensible par un développeur, un graphiste, un designer. Ce sont eux qui leur donneront vie. Sans les poètes du code, votre journalisme restera au 20ème Siècle.


6) Ne faites pas comme si vous aviez la science infuse. Plus personne ne vous croit quand vous traitez le même jour 10 infos sur des secteurs complètement différents en prétendant avoir « fait le tour de la question ». Soignez votre karma. Rendez à César ce qui lui appartient. Faites des liens, embeddez des tweets, sourcez le blogeur qui a inspiré votre papier. Dites quand votre définition vient de wikipédia. Gagner la confiance des individus connectés ne se fait pas en un jour. Avouez vos limites, ouvrez la porte aux experts en ligne qui pourraient enrichir et augmenter votre travail. Faites-le de préférence en amont de sa diffusion. Et assumez le point de vue qui est le vôtre quand vous vous exprimez.

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7) Intéressez-vous à ce qui se passe près de chez vous, là où vous habitez. Votre boulangère, votre facteur ou votre plombier sont d’excellentes sources d’informations. Allez boire des coups au bistro du coin. C’est aussi ça le terrain (edit: Tx @ArnaudWery pour le lien). Et une opportunité stratégique parmi les plus intéressantes. Promenez-vous, dans les bois ou ailleurs.


8) Harcelez vos institutions publiques pour qu’elles mettent à votre disposition et à celle des internautes les données relatives à son fonctionnement. En tant que citoyen, vous avez le devoir de vous insurger contre leur utilisation exclusivement commerciale par des entreprises privées. En tant que journaliste, c’est une mine d’or pour traquer les dysfonctionnements et mettre en lumière les paradoxes de notre société.

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9) Soyez béton sur les faits, recoupez vos sources et respectez celles qui demandent à rester anonymes. C’est ce qui vous différenciera. Car pour tout le reste, le commentaire, l’analyse, la mise en contexte, la polémique, la critique … il ne faut pas être journaliste. Assurez-vous que le rapport signal-bruit est toujours en faveur de votre audience et posez-vous au moins une fois par mois la question qui tue: « Pourquoi suis-je média ?« 

10) Traitez les grands acteurs du numérique (Google-Amazon-Facebook-Apple) comme vous traitez les big Pharma. Tout comme prendre des médocs pour vous soigner ne doit pas vous empêcher de rester critique vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, utiliser les services/devices des GAFA ne doit pas vous mettre des oeillères et vous empêcher de faire votre métier. Accordez-vous le droit de militer pour un internet ouvert, neutre et accessible à tous. Full disclosez vos confilts d’intérêts potentiels, achetez vos gsm/tablette/laptop et payez vos datas au prix du marché, c’est le prix à payer pour votre indépendance.

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Bonne année à tous !

Article initialement publié en décembre 2011 (sous le titre « Journalistes: trouvez votre Starsky ») et mis à jour le 3 janvier 2015.

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Caramba, mes étudiants n’ont pas (tous) hacké mon examen !


Publié le 29 juin 2014 par Damien Van Achter

Il y a 5 ans, quand j’ai commencé à donner ce cours de « Culture numérique » à l’IHECS,  je n’imaginais pas que les 20 étudiants du départ deviendraient 80 et que je ne verrais leur tête pour la 1ère fois que le jour-même de l’examen.

Au fil des ans, ce cours baptisé initialement « atelier multimédia », s’est en effet progressivement mué, par la force du nombre, en laboratoire d’apprentissage à distance, composé essentiellement de lectures et de vidéos partagées au gré de ma veille, de « bons liens » issus de mon réservoir perso , de sessions de Google Hangout sous forme de « how to,  de quizz hebdomadaires (mais facultatifs), d’exercices pratiques (et obligatoires) et de conversations quasi permanentes sur Twitter (un peu) et Facebook (beaucoup).

Avec au bout du compte, un examen « ouvert », avec accès à internet, un dispositif de surveillance  volontairement absent et un questionnaire à remplir sur Google Doc.

What The Prof ?

J’ignore franchement si ce dispositif pédagogique passerait le cut d’une validation par « l’Académie », et très sincèrement, la confiance que la direction de l’IHECS m’accorde, dans ce cours-ci mais également dans les masterclass en résidence que j’organise depuis 3 ans, m’offre suffisamment d’autonomie pour focaliser toute mon énergie et mon attention sur la montée en puissance et en compétences de mes étudiants.

Mes intentions sont assez claires. Tout comme je le fais avec les startups que j’accompagne chez NEST’up, je me mets à leur service, leur ouvre mon carnet d’adresses et leur offre tout ce que j’ai en magasin comme outils, techniques et dynamiques, je leur partage mon expérience en challengeant leurs acquis et en essayant surtout qu’ils se posent un maximum de bonnes questions, en ce y compris concernant ce que je leur raconte.

Je n’ai pas de diplôme d’enseignant, tout comme je n’ai plus de carte de presse non plus, mais j’ai la faiblesse de croire que si mes étudiants sortent un peu moins cons et un peu moins naïfs de mon cours, c’est que j’ai plutôt bien fait mon job. Je pense même que le jour où je n’apprends plus rien à leur contact, où je ne prends plus de plaisir à faire évoluer ma manière de les accompagner et je me contente de délivrer un savoir top-down sans tenir compte du feedback qu’ils me renvoient, alors il sera grand temps que je m’arrête de « donner cours »

Un POC de MOOC ?

La manière dont a évolué ce cours s’inspire évidemment d’une multitudes d’expériences menées par d’autres profs, bien plus calés que moi en matière de « flipped classroom » (je dévore goulûment chaque publication de Marcel Lebrun sur le sujet).

Tout comme pour la newsroom mobile, je n’ai pas non plus la prétention d’avoir « inventé » quoi que ce soit, mais plutôt de jouer avec les pièces d’un puzzle à reconstruire en fonction des nouveaux usages apportés par la technologie, de créer un environnement propice pour qu’il se passe « quelque chose » et de laisser suffisamment de place à la liberté des individus à s’autodéterminer pour qu’un peu de magie opère.

Le fait de publier ce cours en ligne l’a en effet de facto ouvert aux autres internautes, au-delà des étudiants de l’IHECS. Je suis encore très surpris de constater que les quizz hebdomadaires ont bigrement bien « tourné », avec un ratio de 2/3 de réponses venant des mes étudiants (sachant que ces quizz étaient facultatifs, j’y reviendrai), comme le témoigne d’ailleurs le nombre de likes, de partages et de share ci-dessus.

Développée avec Twitter Bootstrap, cette page me permet d’avoir la main sur le code et de pouvoir ainsi mettre à jour facilement les différentes sections du cours (vidéos, articles à lire, quizz, consignes, etc)

La liste de lecture est quant publiée sur Flipboard, avec ici aussi une belle viralité « hors cours » (voir les chiffres ci-dessous).

J’y ai également ajouté un hackpad dédié, afin de garder une traces des Q&A posées tout au long de l’année. (un point parfaitement perfectible, cfr. plus bas)

First Learn The Rules …

En moyenne, seul un quart des étudiants inscrits au cours, soit 20 sur 80, ont répondu quizz hebdomadaires facultatifs. Comme par hasard, ce sont également les 20 qui ont le mieux réussi l’examen final (7 questions sur les 20 étaient directement tirées des quizz hebdomadaires).

Toutes les consignes étaient toutes connues à l’avance (matière en ligne, accès au web pendant l’exam, etc.) sauf la contrainte de rapidité à valider le questionnaire pour obtenir un meilleur ranking dans le classement.

En ajoutant ce paramètre de temps, je cherchais principalement deux choses: valoriser ceux qui avaient potassé la liste de lecture avant l’examen (logique) et (plus tordu, quoique) voir dans quelle mesure les étudiants avaient intégré  les notions fondamentales abordées dans les articles partagés tout au long de l’année.

Then Break Them.

En leur laissant un accès  libre à internet, sans surveillance, durant l’examen, j’ouvrais  délibérément la porte à un hack de celui-ci.

Il aurait en effet suffit aux étudiants de se mettre tous ensemble dans un chat sur le groupe Facebook pour répondre de manière collective et en 5 minutes à toutes les questions. Period. Hands down, there is no dispute.

Secrètement, j’espérais même que ça arrive, qu’ils me montrent qu’ils avaient compris qu’en bossant ensemble il y avait moyen d’être plus fort que tout seul, qu’une fois les règles du jeu intégrées, leur créativité et leur imagination pouvaient s’exprimer pour exploiter les failles du système.

Je souhaitais aussi tester leur capacité à fouiller le web. La page du cours était off-line pendant l’examen puisque les réponses aux quizz y figuraient … mais elles étaient toujours présentes dans le cache de Google)

Et puis, la nature humaine étant ce qu’elle est, je voulais également voir à quel point chacun allait d’abord penser à sa gueule en validant d’abord son questionnaire (vu la contrainte de temps imposée) avant de partager ses réponses avec les autres…

#Oupas

Après leur avoir rappelé les consignes, j’ai tweeté le lien vers le questionnaire et demandé aux surveillants de quitter les salles d’examen.

Les réactions des étudiants ont été intéressantes à observer.

- la majorité s’est plongée en silence et individuellement dans le questionnaire.

- des petits groupes ont commencé à chuchoter (genre « tu as quoi à la 6 ? ») en regardant au dessus de leurs écrans si je n’étais pas là.

- ostensiblement, j’ai alors exprimé tout haut auprès de tous les groupes que je ne leur avais jamais interdit de parler pendant l’examen.

- après quelques minutes de flottement, des fenêtres de chat Facebook ont commencé à s’ouvrir, mais le silence est resté de mise pour l’essentiel des étudiants.

- après 30 minutes, un premier groupe d’une vingtaine d’étudiants qui avait manifestement collaboré, validait ensemble leurs questionnaires, avec des réponses identiques. Et correctes à 100%.

- Après 45 minutes, la majorité des étudiants avaient validé leurs questionnaires, avec une dose de collaboration variable (reconnaissable à des erreurs d’orthographes similaires, voire des erreurs tout court).

- les derniers étudiants à valider leurs réponses sont ceux qui ont commis le plus d’erreurs, voir même n’ont rien répondu afin de rentrer dans le délais de temps imparti.

A retenir, à améliorer (entre autres)

- Donner cours en ligne s’inscrit dans une logique de conversation socratique. Si vous n’êtes pas prêt à challenger vos propres connaissances et certitudes, ou à passer le double/triple de temps imparti à l’origine pour ce cours à répondre à des questions sur Facebook ou Twitter, ne le faites tout simplement pas.

-  Repousser la certification (donner une cote) le plus loin possible dans le processus et avertir les étudiants du caractère facultatif du suivi pendant l’année permet de repérer ceux qui en veulent vraiment, de récolter du feedback sur les inputs que vous leur donnez , d’ajuster votre protocole pour le faire coller au mieux à vos objectifs pédagogiques.

- Tout comme les étudiants avaient le loisir pendant l’année de suivre les Google Hangout depuis leur divan, le café d’en bas ou le bord de leur piscine, l’examen n’aurait pas dû se faire en présentiel au sein de l’école.  A refaire, afin de favoriser encore plus la collaboration, je leur préparerais 40 questions, avec toujours seulement 1 heure pour y répondre, mais peu importe l’endroit où ils se trouvent.

- Le hackpad est un pis-aller. Si son coté « tableau noir interactif »  est un vrai plus, ça devient très vite le bordel et j’ai dû plusieurs fois intervenir parce que des étudiants supprimaient les liens des autres (pas de manière délibérées, juste parce que l’outil n’est sans doute pas le meilleur pour conserver ces datas-là). Je réfléchis donc sérieusement à utiliser la plateforme wiki-like que l’IHECS a déployé sur ses propres serveurs pour compléter, voire remplacer la page du cours (à condition de pouvoir la garder publique.)

- Je dois absolument améliorer le processus en ce qui concerne les exercices obligatoires. je suis convaincu de leur utilité, mais ils doivent beaucoup plus s’inscrire dans une logique où les étudiants se corrigent l’un l’autre, avec moi pour les aider plutôt que pour les juger.

A ce stade, j’ignore vraiment comment faire … si vous avez des idées, des remarques, des suggestions, n’hésitez surtout pas !

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En attendant la fin du roaming ….


Publié le 7 avril 2014 par Damien Van Achter

Si les coûts d’itinérance, le fameux roaming, seront supprimés en Europe fin 2015, inutile de vous dire qu’avec des activités à cheval sur la Belgique, la France et de temps en temps aux USA, avec 3 gsm, 2 tablettes wifi/3G, 1 dongle Mi-Fi 3G et 1 modem 4G/3G (2 sim) dans le coffre de la newsroom mobile, je fais régulièrement péter mes scores de consommation de datas. Et les factures qui vont avec.

 

 

J’assume pleinement les coûts liés à ces services, souvent d’ailleurs redondants d’un pays à l’autre, d’un opérateur à l’autre (j’ai des abonnements pré/post paid chez pas moins de 4 opérateurs différents), car il me permet de travailler le plus efficacement possible, peu importe l’endroit où je me trouve et la nature du boulot que j’ai à délivrer.

 

 

Surtout, cela me permet de continuer à pouvoir critiquer ouvertement la qualité de leurs services, et les choix stratégiques qu’ils opérent dans un secteur clé de ma propre activité professionnelle, à savoir l’économie numérique, et plus particulièrement sur les enjeux sociétaux importants comme la NetNeutrality ou la sécurité des données des utilisateurs.

Ceci étant dit, ma production de contenus en mobilité et les besoins de connexion « partout, tout le temps et pour tout le monde » à bord de ma société allant croissant, j’ai besoin de recalibrer en conséquence les abonnements et les services auxquels je souscris.

Et malgré un finetuning quasi mensuel et des tentatives répétées d’ajustements, je dois bien avouer une certaine lassitude à voire les overlaps se multiplier, les volumes non consommés être remis à 0, de payer une fortune pour quelques mega en hors forfait (mais d’avoir 1000 sms gratos dont je n’ai que faire), bref, d’une manière générale, de ne pas trouver d’offre qualitativement à la hauteur de mes attentes, spécifiques certes, mais pas franchement non plus hors norme.

 

 

Dans le meilleur des mondes (après 2015 à priori, sauf Facebook a tué tous les telcos d’ici là, mais j’en doute), voilà mes besoins à court terme:

- 3 sim voix + data (dont 1 sim avec 5h de voix en Belgique, 1 h sur la France, minimum 3go de data + minimum 2go de data en roaming; et 2 sim avec 2h de voix + minimum 2 go de data sans roaming)

- 5 sim data only (+ roaming pour 3 sim sur 5), minimum 3go au total en mutualisé, avec possibilité de grimper exceptionnellement jusqu’à 15go, en cas de missions particulières.

Bref, si vous connaissez des gens dont c’est le métier de construire des offres personnalisées pour une TPME, et afin de rester droit dans mes bottes et ne favoriser à priori aucun opérateur en particulier, n’hésitez pas à leur transmettre le descriptif ci-dessous, je serai ravi d’en discuter avec eux.

 

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