Les jolis .torrents de movies.io

Développé en 7 jours par deux jeunes étudiants basés en Suisse, ce moteur de recherche propose une interface radicalement belle et une expérience utilisateur particulièrement intuitive, exploitant un créneau laissé en jachère par les offres légales des majors de l’industrie du cinéma: la distribution en .torrent. “Pirates !”, vous avez dit ? Pas si sûr ….

Mis en ligne vendredi dernier, movies.io a eu d’emblée les honneurs d’HackerNews et de TorrentFreak. Durant le week-end, le nombre de visiteurs a explosé. Les pages views aussi, pour atteindre les 400.000 hits ce lundi. “Le feedback que nous recevons est incroyable”, explique Frédéric Jacobs, 20 ans.

Pour beaucoup de gens, utiliser le Peer-to-Peer signifie se mettre automatiquement hors-la-loi, ce qui pourtant faux, d’un point de vue strictement légal. La technologie en tant que telle n’a rien d’illégal, contrairement à l’usage qui en est fait. Et même si force est de constater qu’effectivement, l’usage illégal du P2P est proportionnellement plus élevé que ses applications légales, condamner le P2P “par essence” reviendrait, par analogie, à condamner de facto tout usage d’un marteau sous prétexte qu’il arrive à certains individus de tuer leur femme à l’aide d’un tel engin.

Movies.io n’héberge aucun contenu illégal, nous ne faisons que référencer les liens les plus pertinents en fonction de la recherche effectuée par les internautes. Joliment et d’une manière la plus intuitive possible”, assure Amos Wenger, qui a développé movies.io avec Frédéric Jacobs.

Conscients, et c’est le moins que l’on puisse dire, que leur démarche risque de gêner plus d’une majors aux entournures, les deux jeunes développeurs préfèrent regarder devant eux et, surtout, se mettre au service des internautes pour leur offrir la meilleur expérience possible dans la recherche et la “consommation” de contenus audiovisuels. Légalement.

“Nous n’avons pas d’autre ambition que de réussir à réconcilier les utilisateurs et les producteurs de contenus, ceux qui veulent réellement que leurs oeuvres soient vues/entendues/regardées par le plus grand nombre. Nous sommes depuis le début en contact avec des acteurs importants du secteur culturel, des films indépendants, des artistes… et depuis ce week-end, les propositions de mise à disposition de catalogues entiers ne font qu’affluer les unes après les autres !”, souligne Frédéric Jacobs, pour qui des partenariats intelligents en constructifs avec des acteurs crédibles du secteur sera “le meilleur moyen de montrer qu’en criminalisant leurs clients parce qu’ils utilisent un technologie qu’elles ne comprennent pas, les majors du films, tout comme celles en leur temps de la musique, se trompent lourdement”.

Différents modèles économiques pourraient permettre de péréniser le service, notamment via les partenaires producteurs (lesquels sont eux-mêmes en train de creuser de nouvelles pistes de financement, comme le crowdfunding), via la publicité sur les pages de recherche (mais cela irait à l’encontre du parti pris graphique de movies.io) ou encore (NDLR: pur tirage de plan sur la comète de ma part) pourquoi pas via des serveurs dynamiques qui injecteraient à la volée du pré-roll dans les fichiers .torrent ?

A suivre  ….