Demain (encore) tous journalistes ? *

Publié le 21 Nov 2008,  par

Les nouvelles en provenance du front des rotatives (vous savez bien, à gauche en sortant de l’ascenseur) ne sont pas bonnes.

Source

Les dirigeants d’une cinquantaine de journaux et groupe de presse US sont sont réunis fin de semaine dernière et le constat qu’ils tirent est identique: “les recettes publicitaires papier sont en chute libre, le lectorat disparaît et les recettes publicitaires de l’internet ne permettent de combler les pertes. La crise économique n’a fait qu’accélérer le phénomène.

Pour réduire les coûts, ils suppriment des emplois à tour de bras (13.000 rien que depuis le début de l’année), dans un mouvement qui ressemble plus à une panique 2.0 qu’à une refonte en profondeur de leurs modes de production et de diffusion de leurs contenus.

Certains canards ne passeront pas l’hiver, au pire celui-ci au mieux le suivant. Et si vous en doutiez encore, allez lire cet article de Scott Karp intitulé “The market and the internet don’t care if you make money” …

(…)
The problem with the newspaper industry, as with the music industry before it, is the sense of ENTITLEMENT. What we do is valuable. Therefore we have the right to make money.

Nobody has the right to a business model.

Ask not what the market can do for you, but what you can do for the market.

(…)

Flairant le bon coup, la plate-forme de blog Typepad propose d’ailleurs désormais un programme spécial baptisé “Journalist Bailout Program” qui offre aux professionnels débarqués de leur support traditionnel l’hébergement gratuit de leur blog et le partage des revenus publicitaires qu’ils génèreront sur leurs productions. Interesting, hu ? Les 10% des effectifs de l’agence AP qui vont se retrouver sur le carreau ont sans doute là une piste à creuser …. (ceux de la presse britannique aussi)

Pour d’autres infos fraiches, détaillées et en français, je vous renvois vers les excellents Mediawatch, Novövision et “On est mal” , qui signe un remarquable billet intitulé “Accrochez-vous les chefs, ça va glisser”

Pour finir, je voulais vous soumettre cet article de Fabrice Epelboin (sur la version francophone de ReadWriteWeb). Il analyse et décortique l’énième échauffourée entre journalistes et bloggeurs en France. Cette gueguerre que tout le monde pensait pourtant enterrée car vaine et stérile, ressurgit, attisée par les revenus publicitaires qui très clairement commencent à switcher vers le web, notamment au profit de bloggeuses très au fait des dernières crèmes dépilatoires et autres vibrato érogènes.

Voici le podcast intégral de notre discussion en début de semaine, laquelle a  servi de support à une chronique diffusée jeudi matin sur La Première.

(* J’emprunte à Benoît le nom de son blog. J’espère qu’il ne m’en voudra pas de ce détournement sauvage)

MAJ: Merci à Philippe Couve pour le lien dans son cours de Science Po, à Paris, sur “Comment le blog renouvelle le journalisme” (vers l’interview de Jean Quatremer que j’avais réalisée l’an dernier)