L’agence AP déclare la guerre aux bloggeurs

En réclamant aux bloggeurs 12,5 $ à chaque fois qu’ils reproduisent plus de 5 mots de leurs dépêches, l’agence de presse AP est en train de se fourrer dans un sale pétrin. Cette décision, si on peut la comprendre du point de vue strictement commercial et procédurier envers les droits d’auteurs (quoique, le droit de citation, c’est pas fait pour les chiens !), est tout bonnement invraisemblable à l’heure des réseaux sociaux et de la création de valeur ajoutée via la circulation des contenus et la collaboration des utilisateurs.

La réaction des bloggeurs ne s’est pas fait attendre. Pour Michael Arrington, le boss du puissant Techcrunch, la cause est entendue: les contenus AP sont tout simplement bannis de son site. “Nous ne les voyons plus, nous ne les citons plus, nous ne lions plus vers eux. Ils n’existent plus.”

Qu’on me comprenne bien, il est normal que les producteurs de contenus refusent de se faire piller et souhaitent établir des guidelines. Mais pas de cette manière, pas en jouant les cadors et en agitant le spectre de poursuites en justice. C’est mesquin et totalement improductif. La preuve, un boycott de leurs contenus diminuera leur circulation, et in fine leur valeur.

C’est surtout un très mauvais signal que les médias US (qui détiennent collectivement AP) sont en train de donner à leurs confrères étrangers. Je me demande d’ailleurs qu’elle est la position de Belga, qui est également détenue collectivement par les médias, à ce sujet …

Le pompage intégral d’un article (qu’importe qui le produit, un professionnel de l’info ou un amateur éclairé) n’est pas acceptable. Mais j’ai tendance à croire, et je ne suis pas le seul, qu’un mode de répression issu d’un modèle économique à l’agonie n’a aucune chance de fonctionner dans ce nouvel écosystème qui, qu’on le veuille ou non, est en train de s’installer. Mais je me trompe peut-être …