Un « Total Stand By » pour sauver la Belgique ?


Publié le 17 novembre 2007 par Damien Van Achter

Là, ce soir, j’aurais voulu vous faire un billet sur mon incompréhension la plus totale de ce qui est en train de se dérouler au niveau politique en Belgique. Sur l’extrême complexité du bordel que nos dirigeants ont réussi à foutre dans un territoire à peine plus grand qu’une tête d’épingle à l’échellon du Globe. Sur ma tristesse de voir partir en couille un pays alors que depuis le 10 juin au soir, on sait qu’un gouvernement démocratiquement élu peut gouverner. Sur mon dégoût de cette violence verbale qui n’a pour effet que de gargariser les egos de quelques-uns et d’attiser la rancoeur monomaniaque de ceux qui n’ont pas la volonté intellectuelle de parler un tout petit peu la langue de l’autre, juste pour lui faire plaisir.

J’aurais aimé pouvoir étaler ma naïveté en suggérant aux hommes et femmes de bonne volonté de siffler la fin de la récré, de dire « vos gueules maintenant !  » aux obtus du bulbe, qu’ils soient Flawons ou Wallans. Et de viser pour une fois (c’est pourtant votre job à la base !) le bien commun. De partir des plus petits  communs dénominateurs entre nous et de les faire fructifier, plutôt que de continuer à jouer les savants fous en montant deux populations l’une contre l’autre, pour leur seul bon plaisir et la reconduction de leurS mandatS.

Bon, mais je n’aurai donc pas  à l’écrire, ce billet, parce qu’il semble que Thomas Gunzig (dans « La Semaine Infernale » du 10 novembre dernier) et François Schreuer m’ont devancé. (François qui, outre en rajouter une couche, nous offre en prime la version écrite du texte de Gunsig)

Bande de cons, bande cons !
Mais non pas vous, cher public !

Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupe, président de partis flamands, présidents de partis francophones, second couteau, troisième couteau, de gauche, de droite, les cathos, les écolos,, les libéraux…

Bande de cons de Flandre

Bande de cons de Bruxelles

Bande de cons de Wallonie.

D’abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d’il y a 5 mois.

A tous ceux qui avaient un grand sourire

A tous ceux qui avaient les bras en l’air.

Le temps est venu de vous avouer quelque chose :

Les gens n’ont pas voté pour vous parce qu’ils vous aimaient.

Les gens ont voté pour vous parce qu’ils étaient obligés.

A la veille du onze juin : dans les rues, les maisons, les bureaux, les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir parmi ce catalogue de nuls,

de klets,

de nouilles,

d’opportunistes agressifs,

de carriéristes sans charisme,

de mal fringués,

de gros type à l’élocution problématique,

de petit nerveux en pleine tendinite de l’égo,

de semi-hystériques,

de semi-mafieux,

de cyniques,

de je-m’en-foutistes,

de ratés de tout le reste,

de fils à papa,

d’experts comptables en décrochage professionnel

d’entrepreneurs en faillite frauduleuse,

de sinistres,

de pas lavés,

de faux gentils

de vrais méchants…

Les Leterme, De Krem, Reynders, Milquet, Michel, De Wever, Maingain, Wathelet, Bacquelaine…

Cette morbide collection de névrosés qui nous gouvernent avec leur troubles anxieux, leur troubles dissociatifs, leurs troubles psychosexuels, leur troubles obsessionnels compulsifs.

Et en plus, ils sont tous… Si moches…

Cette élection, à tout le monde, ça a un peu fait l’impression d’un de ces mariages forcés que l’on organise dans des pays très loin d’ici.

C’est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit où l’arrière cousin qui ne se brosse pas les dents.

 

Bande de cons

Vous n’avez rien gagné du tout.

Si c’était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu’après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligent

un peu sobre

un peu humain

Mais non, donner c’est donner, reprendre c’est voler.

Vous aviez un chouette petit pays,

pas très grand mais bien équipé,

de voisins plutôt sympas,

bien situé

avec la mer,

avec la forêt,

avec pas trop de charges.

Vous aviez une chouette petite population,

pas parfaite parfaite.

Mais en gros, ce n’était pas des talibans non plus,

c’était pas des Contras

C’était pas des Tigres Tamouls

Une petite population de fabricant de pralines

des marchands de kayak,

des chanteurs à texte

des comiques parfois drôles

des stylistes un peu punk

des postiers plutôt polis

des sportives en minijupe

des flics à moustaches

des tas de gens prêt à travailler plus à gagner toujours moins et à ne pas dire grand chose.

Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos.

Une petite population qui n’a rien contre l’Eurovision ni les horodateurs.

Une petite population qui rend visite à ses grands-parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin

Une petite population de buveurs de bière et de joueurs de kiker.

Une petite population qui emmène ses enfants à Plakendael au printemps et à Paradisio en hiver….

Comme ça, sans ennuyer le monde,

en VW touran.

Une petite population prévoyante qui a quelques euros sur un compte épargne et une concession au cimetière.

Une petite population qui est plutôt toujours d’accord et en gros une petite population qui ne veut pas d’histoire.

Et vous,

bande de cons,

tout ce que vous trouvez à faire,

ce sont ces petites réunions où l’on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin

ce sont ces petits comités aussi stérile qu’un champ de patates à Tchernobyl

ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappellent les crises de mon chat quand il n’aime pas la marque de ses croquettes

ce sont ces airs de petits tribuns en solde

ce sont ces grands chevaux sur lesquels vous montez et qui seront toujours comme ces petit poneys tristes de la foire du midi.

Tout ce que vous trouvez à faire, c’est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez « politique »

 

Bande de nuls

Alors moi,

J’ai eu une idée,

une grève,

une vraie grève,

une bonne grève

une grève de tout le monde tant que la politique belge ressemblera à une conserve de rollmops :

Les enfants n’iront plus à l’école

Les femmes enceintes n’accoucheront pas

les déménageurs ne déménageront pas

Navetteurs ne navettez plus

Alcooliques n’alcoolisez plus

chauffeurs ne chauffez plus

Pilote, mécanicien, traiteur, boucher, pêcheur, éboueur, esthéticienne, taxidermiste, stripteaseuse, scaphandrier, géomètre expert, fleuriste, traiteur, opticien, huissier, substitut, gourou, préfet, trésorier, banquier, infographiste, ajusteur, analyste programmeur, technicien hotline, proxénète, dealer, animateur, orthodontiste, urologue, animateur socioculturel, fossoyeur…

Et tous les autres….

Total Stand By

On arrête tous…

Et vous verrez que dans trois jours,

ils feront moins les malins.

Pour ceux que ça intéresse, Baudouin relaye sur Orange-bleue.info une invitation venant de la rédaction de Mise Au Point.

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Une réflexion au sujet de « Un « Total Stand By » pour sauver la Belgique ? »

  1. Promethee

    Ah, le poujadisme de la Belgique naphtaline nourrie avec les biscuits DELACRE et leurs belles boîtes royalistes, de la fratrie qui ne comprend plus rien après les apéros de bon coeur au camping de Mariakerk, entre Flamands et Wallons. Dommage que Gunzing soit si partiel et partial dans ses écrits, à croire que Marie-Claire Houard a déteint sur lui….

    Je préfère Hervé HASQUIN, l’Historien, qui énonçait récemment: « Dire non à toute évolution de l’Etat, c’est faire exploser la Belgique. L’Etat stationnaire est un mythe. Je peux comprendre qu’il y a encore des nostalgiques de la Belgique unitaire et des personnes qui n’ont pas encore intégré l’existence des régions et des communautés. La Belgique telle qu’on la connaît aujourd’hui va devoir évoluer. C’est la condition sine qua non pour que la Belgique survive. Bien sûr, il faut que Bruxelles ait toujours son rôle et que notre Etat ait encore une visibilité suffisante et crédible à l’extérieur. Il ne faut pas confondre compromis et compromissions. Mais je pense qu’il faut faire à présent de la pédagogie. Cela ne sert à rien d’anesthésier les opinions publiques en n’osant pas leur expliquer les choses »

    Evidemment, c’est peut-être un peu trop demandé, un peu trop compliqué à comprendre pour un petit peuple et son petit esprit….

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  2. Foguenne

    Franchement, j’espère que cette comédie va bien s’arrêter.
    À quoi bon repartir pour une législature qui sera de toute manière la dernière voir l’avant-dernière. Pour donner un peu de répit à la Wallonie ? Pourquoi pas, mais alors entamons sans attendre les réformes nécessaires à notre survie.
    Bon, je vous laisse, il me faut un peu de gravier pas cher, je prends la route pour Charleroi. :D

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  3. Ping : Denis au fil du web » Le compromis belge à l’épreuve des médias actuels

  4. Jonathan Loriaux

    Pour ma part, je trouve ce texte plutôt pathétique.

    C’est dans la droite ligne de la manifestation de cette après midi. Des francophones qui parlent aux francophones, qui ne comprennent pas vraiment les revendications flamandes. Et qui surtout, ne comprennent pas qu’elles sont à la fois légitimes et inévitables.

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  5. LapinLove404

    Forcement, c’est en français, les non-francophones (ceux qui donc, ne parlent pas français) auront du mal à comprendre. Dans ce cadre, oui, ce sont des francophones qui parlent aux francophones.

    Sur le fond, outre le manque de nuance et la teinte poujadiste, je ne sais pas si Gunzig a un discours si « Franco-francophone » que ca.

    J’ai un peu l’impression que pour pas mal de flamands aussi, cette histoire de gueguerre politique a qui petera le plus fort c’est du n’importe quoi.

    Est-ce si évident que ca pour les flamand de savoir pourquoi, dans un même partis, candidat à la gouvernance, les leader se foutent des battons dans les roues ?

    Les ententes sous la table et les alliances scabreuses de certains sont elles si logiques, légitimes et inévitables à leur yeux ?

    sont ils si heureux que ca de voir les diffèrents chefs politiques flamands jouer les grandes gueulles communautaires pour gagner quelques voix ?

    Personnelement, les quelques amis et connaissances flamands que je peux avoir me laissent penser que non, ce ras-le bol du « tout communautaire » (alors que la Belgique à d’autres choses à faire, d’autres problèmes à gérer), ce « bande de con ! » n’est pas qu’un sentiment francophone…

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  6. denis

    Sérieux, vu de l’extérieur (et même si j’aime pas Gunzig qui a partagé les mêmes bancs que moi à l’ULB), et en expat’…

    On a presque envie de dire la même chose que lui.

    Sérieux les gars, c’est pas sérieux maintenant. En plus faut être sympa avec les voisins français… A voir les reportages qu’ils balancent sur le sujet. Ils démontrent… que personne comprend rien à nos querelles de clocher.

    Allez si on arrêtait de déconner. Merde. J’aime bien mon passeport avec un lion dessus.

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