The Mole: Que fait la presse ?
The Mole est journaliste, avec un pédigré plus qu’honorable, pour un canard qui l’est tout autant. Il m’a fait signe la semaine passée qu’il m’avait "linké" et je m’en réjouis car son blog est un modèle du genre.
"A user ainsi de pratiques mercantiles, on accrédite l’idée que le contenu éditorial est une marchandise comme une autre. Qui se vendrait donc au plus offrant", conclut-il dans un commentaire.
D’où aussi son souhait de rester anonyme et de garder ainsi cette capacité d’indignation face à la main que le nourrit. Ceci dit, les autres journaux en prennent aussi pour leur grade.
"Ca c’est de la story, coco, sacrément remuante. De la story qui prend à la gorge, donne la nausée et rempli les poches du groupe IPM", écrit-il à propos d’un titre que seule la Dernière Heure pouvait oser publier, au mépris de la vérité factuelle elle-même.
Il épingle également La Capitale quand celle-ci encourage "les Commerçants et Politiciens à profiter de la crédibilité de la presse quotidienne" pour annoncer en son sein. Il fait preuve également d’une belle vigilance en relevant un commentaire sur une photo afghane illustrant un fait belge sur le site de la Libre Belgique.
Bref, on sent chez The Mole une certaine exaspération à voir le métier de journaliste partir en sucette au gré des turpitudes qui assaillent la presse quotidienne et je suis donc particulièrement content de voir débarquer ce nouveau compagnon de jeu dans la blogosphère belge. De bien belles discussions en perpsective….
0 réaction "The Mole: Que fait la presse ?"
Semble très bien cette démarche…
Je garde l’URL en stock !
Je m’excuse d’être aussi tranché mais existe-t-il encore une presse de “qualité” en Belgique ? Je ne parle même pas du service public (plus politisé et corporatiste, tu meurs!). Sur les blogs ou sur les colonnes des canards, une certaine médiacratie sort souvent de son chapeau la carte rouge du “populisme” (??!!??) lorsqu’on lui reproche de ne pas assez gratter là où il faut, mais en même temps elle semble avoir beaucoup de mal à sortir du consensualisme mou.
Comment s’étonner que la presse écrite n’est plus rentable alors que face à la révolution sur Internet, elle n’a pas (encore) compris que ce qui ferait sa force de frappe, ce serait de promouvoir la “valeur ajoutée” sur l’information, la cerise (analytique et critique) sur le gâteau et pas simplement colporter des données que l’on peut obtenir (gratuitement) d’un clic de souris.
Ce n’est pas une question de gratuité, je suis persuadé que la qualité en réabordant le modèle économique serait bénéfique à tous, mais certains sont-ils prêts à comprendre ? Je veux bien payer un article mais parce qu’il a ce petit plus que je ne retrouve pas ailleurs, par exemple, sur le site gratuit de la monumentale BBC (en français, svp!).
NB: je conseille l’interview (mauvaise à potable) de Serge July par Fogiel, sur les antennes de RTL (podcast de la semaine dernière). Le fondateur de Libé semble découvrir un peu tard que tout n’est pas qu’une question de capitaux, qu’il y a aussi le fait de ne pas se reposer sur ses lauriers en imagineant que le modèle du journal de Papy est éternel. Rien qu’à voir la polémique entre Google et certaines rédactions, on a compris pourquoi certains sont sans le savoir, dans le couloir de la faillite à moyen terme…
Entièrement d’accord avec toi Prom’ (qui l’eut crû ?)
Tous les titres francophones sont sous perfusion étatique et aucun ne pourrait se passer des aides que le politique lui octroie. Ce qui ne devrait servir que de “bonus” entre en fait dans le “vital” et ça biaise le système à la base.
En ce qui concerne le web, nos canards pensent que leur “qualité” serait galvaudée si ils donnaient la possibilité aux internautes de consulter gratuitement leur articles… ils se foutent le doigt dans l’oeil jusqu’à l’épaule… ils ne trouveront une voie de sortie profitable qu’en ouvrant grand la porte et en laissant les internautes consommer du volume de pages vues (auxquelles on associera judiceusement de la pub). En créant de la valeur ajoutée sur le fond et sur la forme (podcast, vidéo , etc ..) En s’arc-boutant sur un modèle protectionniste et corporatiste, ils ne font que retarder l’échéance et se maquer un peu plus avec les argentiers politisés… En mêmetemps, cela ouvre la porte pour de nouveaux acteurs pur player du web qui auraient les cojones et lepognon de lancer une édition papier gratuite en support de la véritable activité journalistique qui, elle, aurait lieu sur le web.
Je ne dis pas cela pour te flatter gratuitement mais pourquoi irais-je lire (ou payer, si c’était le cas) le cahier numérique du Soir dont la qualité et la rigueur analytiques sont d’une pauvreté sahélienne, alors qu’en parcourant ton blog, j’ai une partie de mon insuline technologique quotidienne ?
Voilà le problème d’une certaine presse et mon exemple personnel n’est pas anecdotique, Internet a révolutionné le genre et à tous les niveaux. Autant obtenir de l’information n’est plus un problème, autant les gens cherchent davantage la qualité, celle qui fait la différence.
Pour le solde, tu t’en doutes, je suis exactement sur ta longueur d’onde!
Merci pour les fleurs mais il y a un paramètre à ne pas ignorer. Je ne pourrais pas vivre de mon activité sur mon blog. Imagine un peu le nombre de lecteurs qu’il me faudrait pour prétendre à une rémunération “viable” via les pubs adsense ! C’est tout bonnement impossible (d’où aussi l’absence complète de pub ici.. gagner 3,4 euros/mois pour me faire polluer la paysage.. non merci)
Quant à une formule d’abbonnement, la même quewtion s epose : Combien d’abonnés me faudrait-il pour “en vivre” ?
Reste diverses solutions hybrides: se fédérer avec d’autres blogueurs et se mettre en régie publicitaire commune afin de générer plus depages vues et attirer des annonceurs commun (pas viable non plus même si la noquette de beurre dan les épinards grossirait), créer une newsletter digest des meilleurs billetrs de la semaine et la faire payer à des grosse snetreprise spleine de tune (noquette de beurre mais pas salaire plei pot)
La seule solution viable (entendez rentable) à mes yeux à l’heure actuelle serait de me faire engager par un média/titre de presse existant avec pour seule et unique mission de continuer à faire ce que je fais sur mon blog et en syndiquant l’entièreté de mon contenu pour le diffuser également sur le site du journal/radio/télé qui m’emploierait. Vu que j’utilise tous les supports dispo (écrit, audio,vidéo) peu importerait la nature “de base” du média, ce qui compterait c’est la volonté dudit media d’offrir à son public un contenu exclusif avec une valeur ajoutée.C’est une question d’audace ….
On peut toujours rêver …
Merci pour l’hommage, Damien. Je ne sais si je mérite pareil enthousiasme: côté blog, je suis balbutiant! Prom, ne t’en déplaise, je partage entièrement ton point de vue sur la pluvalue, la qualité (voir mon post sur “la leçon de Dany”: http://molenews.hautetfort.com/archive/2006/08/index.html). D’accord avec toi aussi, Damien, sur l’attentisme des éditeurs face à la blogosphère (j’évoque aussi sur Molenews l’échec relatif de l’ambitieux projet du Guardian). J’ai juste envie de nuancer un brin le propos sur la perfusion étatique: les aides directes et indirectes à la presse ne représentent plus grand chose (sauf pour “Le Journal du Mardi”, qui bénéficie d’un bonus “idéologique”). C’est la production de céréales et l’élevage de porcs qui palpe la tune étatique, pas la presse. Pour ce qui me concerne, en tt cas, j’ai pas vraiment le sentiment d’être maqué avec les argentiers politisés.
PS (à Damien qui évoque mes links “ancrés à gauche”): Climax (linké sur Molenews) va rentrer vite fait de vacances, histoire de redonner un bon coup de barre à droite à son ancrage gauchi ;-)